Surnuméraire

Publié le par Maximilien FRICHE

Regarde-moi comme une chose de trop. Je suis conscient d’être surnuméraire, je suis donc acculé à la vulgarité, comme la trace d’un débordement, portant l’odeur d'un mauvais goût, je suis quelqu’un qui ne sait pas tenir sa place. Mon amour, tu ne pensais pas me voir à côté de toi, d’ailleurs, tu ne pensais pas qu’il y avait suffisamment d’espace pour quelqu’un d’autre. Et voilà qu’on est deux et je respire à ta portée. Tu es un peu virtuelle contrairement à moi alors tu sais prendre distance, tu t’évades et planes en fermant les yeux. Et tu te vois avec moi et nous t’évoquons du dégoût. Je sais, tu sais. Je n’arrive néanmoins pas à disparaître. Pire, j’ai l’impression que plus je fais d’efforts, plus je déforme le monde créé pour toi. Il faudrait me voir mort mais je respire sous ton nez. Je rentre la tête dans les épaules, je me tasse, me compresse. Je sens que tu vas prendre une décision. Mon amour, je m’exécute si tu veux. Non, ce n’est pas cette option que tu as retenue. Tu mises sur l’efficacité d’une haine absolue et m’explique ta solution. Tu me recouvres de tes pêchés, une large délégation. Mon amour je t’exécute comme tu veux. J’ai trouvé ta place, j’ai tué au centre. Tu disparais avec le monde créé par toi. Je subsiste en résidu, sans réaction, massé autour du trou nouvellement formé.

Publié dans L'âme et sa vague

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