Regina Caeli

Publié le par Maximilien FRICHE

Porte du ciel dérobé

 

Je pense donc, je suis sale

File moi vite une éphémère couronne d’épines

Regarde-moi sous mon faux air de banal vassal

Grimacer, faire des mines

 

Moi, le déçu des muses,

Le blasé de la vie, l'habitué des rechutes,

Je réclame une purification comme ruse

Afin qu’au ciel je mute

 

Mais dans ma chair je bute et je me sens piégé

Depuis la chute, quel est l’équilibre possible ?

La réponse est que la croix seule peut me figer

Mais je ne peux l’adorer, la prendre pour cible.

 

Et toi Reine ? Tu le peux ?

L’instrument du supplice, la potence de ton fils ?

Mais bien sûr, tu le peux.

C’est pour ça que l’on t’appelle co-rédemptrice.

 

Reine des anges, reine du ciel et de ses ailes,

Créature hissée haut,

O toi, l’élue du fils, fais-moi la courte échelle

Jusqu’au cœur d’où sort l’eau

 

Tu t’abaisses et déplies l’infini sous nos pieds

Mère vierge, tu es l’attendrisseuse de Dieu,

Tu sais qu’il se cache et aime se faire prier,

Se faire infléchir à travers l’eau de tes yeux.

 

Prends pitié du morbide pékin qui veut renaître

Et prie dans un fou rire,

Funambule figé entre la morgue d’être

Et la terreur de mourir.

 

Pleure sur le vieux pleurnichant sur son sort précoce

Lave sa face en sueur,

Ote ce linceul, et embrasse-le comme un  gosse,

Pour qu’il voie une lueur

 

Toi qui multiplie l’infini par l’infini,

Toi le mystère de la venue du Ressuscité,

Donne à ma tête têtue ta jupe pour nid

Et aide moi à aimer ton fils, l’imiter.

 

J’ai conscience de la mort, voilà le grand écart !

Indigent romantique

Fasciné par le destin de la masse, par sa tare,

Je cherche à être unique

 

Il ne me faudrait qu’une bonne mort de vieux,

M’endormir satisfait,

Entrer dans la collection d’hommes que Dieu

En son Royaume se fait.

Publié dans L'âme et sa vague

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