Mardi 2 mars 2010
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Médiatrice
Un parpaing à chaque pied,
Statufié depuis le bas,
J’allonge mes bouts
de bras,
J’étire mon menton qui luit
Mes yeux qui se croient épiés
Vers le ciel rempli de nuit.
Mains jointes au dessus du nez,
Je plonge vers le point le plus haut
Je voudrais m’élever aussi vite que l’on
chute,
Je désire fondre vers le beau
Dans le silence imité
Par le chuintement ridicule de mon
chut !
Entre deux ciels,
Une reine géante me regarde en
brillant.
Entre une étoile énorme et un mignon filet de
lune,
Se tient debout,
Une Sainte démesurée.
Ses rayons poussent indéfiniment
Dans l’épaisse nuit sans firmament.
Je fais un geste pour agripper une liane juste à ma
portée,
Mais on ne saisit pas la
lumière !
Je n’ai plus qu’à chanter la prière,
Et respirer entre les notes dans les silences de la
portée.
Je ne décollerai qu’une fois écartelé
Je suis celui à qui il manque d’être
séparé,
L’insuffisant à qui il manque la
souffrance
Maintenant j’éprouve la tendre
attirance
Pour l’abandon et le retour vers le
Père
Il me faut un remplaçant sur cette
terre
Ô Reine créée,
Tabernacle premier,
Figé dans mon torticolis,
Je mise sur toi dans un coup de folie,
Je me tords le cou, j’adore à la
renverse.
J’ai honte, mais je suis scellé au
sol,
Dans un même sabot, socle de
désolation
Je voudrais devenir élastique pour recevoir la
consolation
De poser ma lourde tête sur tes genoux de
soie
Mon blasphème se réduit à en avoir ras le
bol
De vivre, si peu glorieux, et à inventer ma
loi.
C’est moi qui suis réfugié sous ta cape de
jour
Et c’est le cœur de chair de ton fils que l’on
transperce,
Il pleure et il saigne au dessus de mon
bec,
Il a pris ma place tandis que tu me
berces,
Ce cœur qui s’essore dans mon palais
sec,
Comble pour un temps ma soif d’Amour.
Ouf !