Samedi 5 juin 2010
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15:50
Voilà le titre d’un e-mail reçu récemment. Une mobilisation générale de ma volonté était suscitée. Il faut ! Et qu’est-ce qu’il
faut ? Que j’aille voir Fabrice Luchini lisant Philippe Muray au théâtre de l’Atelier à Paris (1). Pour un ressortissant de la France des régions, cette injonction apparaît comme un défi, un
gant lancé à la volée. Bien sûr que je sais qu’il faut. Tout l’esprit de Philippe Muray articulé par le serviteur Luchini. Dès que je lai su, j’ai trépigné et regretté par avance de ne point y
aller. Tout l’univers de Muray, notre modernité mise en fiction, notre virtualité traduite en livre, dite sur la place publique, car tout théâtre est une place publique. La méthode parfaitement
syllabique d’un Luchini convient à tout texte aspirant à l’existence. On se fout du timbre ou de la voix d’ailleurs, les signatures vocales n’intéressent que les jury de Star-ac, là ce qui est
important c’est le service de l’acteur, son sacrifice intime renouvelé à chaque son claqué en résonance dans le seul palais digne d’un texte, celui de notre langue maternelle. Pourtant, le Il
faut, résonne bizarrement en moi. Je déteste tellement consommer de la culture. Je déteste tellement appartenir cette curée. Je préfèrerais tellement dire : « je n’y étais pas »
par pure réaction à cette manie de collectionner les événements comme preuve de vie, de participation au grand tout. Quelle ironie ! J’ai pourtant bien envie de l’écouter, Muray, son texte
fait chair via Luchini. Pourquoi faut-il toujours produire des raisonnements ? Pourquoi faut-il que les choses soient toujours compliquées avec le choix et le désir ? Il faudrait être
simple, l'éditorialiste du Figaro nous dit d'ailleurs d'y courir avant que cela ne soit interdit... OK. Le 29 juin, j’y serai. Troisième balcon, rapport à l’argent.
(1) Fabrice Luchini lit Philippe
Muray
Par Maximilien FRICHE
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Publié dans : Livres
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Alors alors alors alors????
Alors : http://www.surlering.com/article/article.php/article/luchini-lit-muray-nouvelles-representations-a-la-rentree