Fatigue révélatrice

Publié le par Maximilien FRICHE

Fenêtre ouverte sur le purgatoire

 

Il est étrange de constater que les moments d'extrême fatigue, sont des occasions d'extrême lucidité, de jaillissement de la lumière aveuglante. La fatigue est comme le point de disjonction entre le corps et l'âme. C'est lorsque que l'intention  de faire quelque chose ne suffit plus pour que cela se fasse. Quand on se dit qu'il faut bouger le bras ou tourner la tête et que rien ne se passe, quand les muscles s'absentent et que le corps ne répond pas, qu'il n'y a plus d'électricité, c'est quand le regard ne sert plus à rien. « Tu rêves ! » Non, c'est que l'horizon, dans la lucidité qui va naître, n'existe plus. Alors, les yeux sont dans le vague, flou à nos pieds, flou dans le lointain, flou dès qu'il y a de la lumière.

  

Ambiance

Je vais faire un peu plus de description, vous donner du vécu comme on dit, en journaliste d'investigation de ma vie. L'ambiance commence par le moment où les bras pourraient nous en tomber si nous n'étions pas déjà allongés comme un corps, comme un mort. On n'arrive pas à se réveiller complètement, on se résiste. Pendant ces quelques minutes où l'on n'est plus endormi, où l'on n'arrive pas encore à bouger, le stock de fatigue des jours précédents, nous leste jusqu'à laisser l'empreinte définitive de notre corps dans le matelas qui n'est pas encore de terre. C'est lorsque l'on existe en creux. A ce moment là, nous n'avons plus nos personnalités, nous en sommes vidés. Nous n'arrivons pas, malgré les essais, à se parer pour la journée, de notre profil bien rodé. Nous sommes encore vidés  des justifications, des raisonnements qui nous rendent justes à nos yeux. Style, accent, manières, esprit, impossible à se télécharger. Le débit qui nous relit au monde est très bas. On a du mal alors à se souvenir de comment on fait déjà pour exister, pour n'être pas qu'un bébé. C'est un état où on se sent faible en réalité, à la merci de Dieu enfin, incapable de résister, d'agir et de vouloir, juste indigent par nature et aimé. Aux portes du sommeil, dans le vague, épuisé. Plus de force, avec la bouche ouverte et le regard bête. Se savoir éveillé, mais être comme endormi. Conférer à la réalité les contours d'un rêve et se savoir, encore une fois, éveillé. En veille. Un point rouge sur de la haute technologie, haute fidélité, consommant encore de l'énergie. Un point rouge comme pour signifier la présence du Christ dans le tabernacle, dans la créature que je suis.

 

Première grande fatigue : l'homme est mortel

 

La tête sur l'oreiller, les yeux ouverts, projetant les restes d'un rêve pour conférer à l'espace une ambiance floue, de mélanges de choses habituellement distinctes, de fusions idiotes. Je viens de rêver que la mort existait. Je suis horrifié. Mon coeur bat vite comme sorti d'un cauchemar. Je viens de rêver que nous étions tous mortels. Je transpire en ayant froid. Une impression impossible à décrire autrement que par l'effroi que provoque un cauchemar, effroi se dissipant dès qu'arrive le jour. Ouf ! Ce n'était qu'un rêve. Comme d'habitude, j'ai encore la tête sur l'oreiller, je suis bien, je me réveille dans les bras de Dieu, mon souffle dit « je t'aime », sans avoir besoin d'englober un support destinataire du sentiment, je respire l'amour. Ouf ! Ce n'était qu'un mauvais rêve, c'est maintenant le matin du jour. Encore un peu de vagabondage avec les yeux, sans bouger la tête, sans utiliser son corps, se promener au plafond, compter les arêtes, identifier les tâches bien connues au plafond, les formes issues des jeux de la lumière, dessiner en pensant à soi, en soi. Finalement être comme on a été créé, être par amour. Et puis, heureux sans raisons, décider de commencer la journée. Combien de temps l'illusion de croire que le rêve était faux va-t-elle durer ? En se brossant les dents, en allumant la radio, en buvant son café, en tournant le contact de la voiture ? Tout revient, dans une remise en ordre brutale, un réajustement instantané de notre puzzle mental. Quel con ! Dire que j'ai cru avoir rêvé la réalité ! Je dois être bien fatigué pour en être arrivé là. Restent les sensations doublement bizarres. Celle de s'être cru immortel bien sûr jusqu'à ce qu'on se lave les dents (ou...) mais aussi celle d'avoir été horrifié dans le rêve de se savoir mortel. C'est cette dernière qui bouscule le plus. En effet, dans mon rêve, c'était horrible, inconcevable, digne de tout arrêter sur-le-champ et là, je continue comme d'habitude.

 

Deuxième grande fatigue : la souffrance de savoir ceux que je n'aime pas, mortels

Au réveil, un autre matin, encore dans mon oreiller que j'affectionne particulièrement et que j'assimile à l'amour divin pour ma personne, je suis encore baigné d'un élan passionnel pour les gens dont je reconnais les visages, ces congénères qui véhiculent à côté de moi, dans des files d'attentes, semblables. Le rêve dont je m'extirpe mollement et, où je me croyais éveillé, atteste que j'ai éprouvé de la compassion et une terrible souffrance à l'idée de savoir mortel telle personne ou telle autre. Et mon rêve était tellement bien fait qu'il a focalisé sur les personnes pour lesquelles j'ai le moins d'estime. Moi qui suis si peu enclin à la bienveillance en temps d'éveil, me voilà dans de beaux draps ce matin de me trouver en communion avec la souffrance d'autrui. Là encore, c'est en me rassemblant d'un bloc au moment de me laver les dents (ou...) que j'ai pris conscience de l'impact de ce faux rêve, ce moment de grande fatigue.

Le souvenir d'avoir été fatigué

Ces moments sont désormais redevenus insaisissables pour moi. Je n'arrive plus à percevoir comment j'étais. J'en ai le souvenir. J'ai le souvenir d'avoir pendant un court moment ressenti pleinement l'horreur de me savoir mortel et j'ai le souvenir d'avoir souffert pleinement de savoir chacun de mes congénères mortels. Souvenirs, reconstruction du vécu en livre. Forcément faux, forcément nécessaire pour se maintenir au chaud, à vif, prêt pour le départ. Continuer en ayant la sensation de vivre dans ses futurs souvenirs, d'exister entre deux trous de mémoire. C'est vrai que c'était bien comme je suis. Et j'arrive à avoir la nostalgie de ces moments de lucidité, j'en arrive à vivre dans l'attente de ce quelque chose dont j'ai eu un avant goût. Cela rentre dans le savoir, la certitude, que ma nature pourra être rachetée à la dernière minute, à l'abandon. Nous savons que nous tomberons à genoux devant le Christ blanc, fondrons en larme pour nettoyer notre visage. Décomposer sa face et pâlir à vue d'oeil pour montrer son squelette en filigrane. « Tête de mort ! » Insinue mon haleine. Tissu tenu comme un pantin en haut du mat de l'épave. Une fois l'électricité évanouie, le vrac comme avenir, rassemblement d'os. Un visage-linceul, irradié, qui montre que le Christ était aussi à l'intérieur.

Le petit purgatoire illustré

 

J'imagine très bien, et encore plus depuis ces expériences de la fatigue, que le purgatoire est le lieu de la passivité. C'est à dire, un lieu où nous sommes incapables d'agir bien sûr, mais aussi incapable de produire des raisonnements, justifications pour continuer à vivre comme si de rien n'était, pour rendre supportable le mal. Nous serons faibles face à la vérité éclatante, fondus en larme, à la merci de Dieu, incapables de plus aucune collaboration à notre salut, incapables de se dérober et de faire des concessions au diable. Repêchés, nous serons réduits à l'état d'âme d'un pardon ruisselant. La vérité fera éclater notre responsabilité de déicide lorsque nous nous lavions les dents avant d'ajuster notre noeud de cravate. Il faut s'y voir déjà dans ce lieu de la gratuité, dans ce lieu où Dieu nous offre enfin la possibilité de souffrir pour être sauvé, où comme un père, il se drape de l'autorité nécessaire pour que le bien triomphe du mal, pour notre bien. Et la sainteté, ce serait vivre son purgatoire sur terre, vivre sur la longueur ces deux instants que j'ai rencontrés au croisement du sommeil et du réveil. L'instant où je rêvais d'être mortel et où je rêvais d'être en communion avec la souffrance des autres et l'autre instant, où l'on se sait aimé, où l'on reconnaît notre vocation d'accéder au balcon. Le régime devient donc alternatif entre humiliation et épanouissement pour déboucher sur la sainte synthèse de l'Espérance.

   

 Comme dans un livre ( un autre livre) :

 Il doit être encore tôt. La lumière est très blanche. Dans la chambre aux persiennes, on peut se lever et véhiculer sans problème, sans avoir recours à l'électricité. On y voit bien. Juste on ne peut pas lire. Philippe Réant sent le matin poindre, ouvre un peu les yeux et dénoue ses membres. Quelle heure peut-il être ? Philippe n'a pas encore le courage de se mouvoir pour attraper son téléphone portable posé sur la table de nuit de son côté où se trouve aussi le livre en cours d'Isabelle. Il l'entend dormir, tourné de l'autre côté comme lui. Elle est roulée en boule, sans aucun drap sur elle. Si Philippe ouvre un oeil, c'est qu'il veut vite sortir de son sommeil, s'extirper de son mauvais rêve lucide. C'est comme un cauchemar d'enfant dans lequel il s'est enlisé. Il a rêvé cette nuit qu'il était mortel. Comme les jours de grande fatigue où les yeux coulent tout seul, il a appréhendé en rêve une réalité insoutenable. Il a rêvé qu'il allait mourir de toute façon, en dépit de tout, quoi qu'il en soit, par nature. Il a rêvé qu'il n'était pas immortel. Il s'est vu, comme on se voit dans les rêves, de loin avec un zoom, il s'est vu précaire et s'est fait pitié. Eberlué, la poitrine sous le tam tam pointu du coeur, figé dans un cri écrasé sur une face en grimace. Il a maintenant les deux yeux énormes ouverts sur le sombre clair de la chambre. Il va mourir un jour. Quelle horreur ! Il pleure en silence en rêve, comme un enfant immensément déçu de s'être déçu, envahi de tristesse. Abandonné comme un enfant grondé. Des pleures qui altèrent la respiration. Il reste torturé par son rêve purgatoire, passif et insoumis. Et puis maintenant c'est le réveil, la vraie vie. Ouf ! Tout est concret. Il y a des choses partout et tout semble immuable. Il est bien content d'être sur son lit au matin très tôt, au matin d'éternité. Il est bien content que tout ait une place. C'est son ordre là partout. Il croit être bien réveillé, il devrait se méfier. Le fait qu'il ne bouge pas encore devrait le mettre sur une piste. Il se dit que ce n'était qu'un mauvais rêve. Il a ouvert un oeil sur le paradis ce tout petit matin. Sommeillant dans la lumière fragile du jour naissant, il sourit à son créateur. Il est à deux doigts de retrouver le sommeil, son oreiller lui inspire des je t'aime en débordement. Au lit, au chaud avec sa petite femme. Les enfants, dont il ne se rappelle plus l'age, dans les chambres à côté. Il a ouvert un oeil sur le paradis et l'a reconnu. Mon Dieu, mon Seigneur, je suis immortel et les autres aussi. Et puis, et puis ? Le téléphone portable sonne. Il s'en sert de réveil, il est programmé pour sonner tous les matins de la semaine sauf le week-end à cette même heure, juste avant le réveil naturel. Il l'a laissé comme ça. Il ne l'a pas encore changé depuis sa mise à la retraite, il ne l'a pas encore désactivé. Isabelle souhaite qu'il se contente de le retarder de trois quarts d'heure, car après, elle a des choses à faire. Elle ne s'est pas réveillée, car Philippe a des réflexes, il a vite attrapé l'engin et stoppé ses sirènes. Il a des réflexes de vivant. Gravés dans son corps qui est pétri comme une mémoire. De son côté, Philippe trouve finalement assez agréable d'entendre le réveil et de savoir pouvoir traîner au lit, et faire les autres gestes de la journée lentement. Et puis ça garde son côté exceptionnel au samedi et au dimanche. Le réveil a sonné et isabelle n'a rien entendu, elle aime beaucoup dormir, elle dit qu'elle en a besoin. De toute façon elle s'est habituée à ce bruit et cela fait longtemps que son corps s'éveille systématiquement vers huit heures. Philippe a été machinal. Il a étiré son bras hors des draps vers la chambre froide, a attrapé le téléphone mobile, l'a palpé pour identifier le haut du bas, la face du dos et a appuyé sur les bonnes touches du premier coup. Il a reposé le rectangle noir. Il se lève des deux pieds ensemble, d'un bond en retournant sa partie de draps sur sa femme qui maintenant à double épaisseur sur elle. Il va dehors dans le couloir. Il va dedans aux toilettes. Il accuse le coup. Il trouve qu'il est très tôt. C'est pas comme d'habitude. Il se promet cette fois, de se coucher cet après-midi après déjeuner pour rattraper. Il pourrait se recoucher maintenant. Il n'y pense pas. Il a tellement de sommeil en retard qu'il pourrait se coucher pour toujours. Avec les gestes de la vie, avec chaque pas, sa réflexion se remet en route, Philippe reconstruit sa métaphysique, il se remet en marche. Après le tour de chauffe, il habille la tragédie de la vie de ses raisonnements, il met de l'intelligence dans ses entrailles, sans quoi il ne sait pas croire. Il se souvient. Le mal de crâne point au même instant. Cette nuit, son mauvais rêve. Tout à l'heure quand il était ravi de se réveiller en pleine confiance. La réalité prisonnière du rêve. Quelle horreur ! C'était bien vrai, c'est maintenant, depuis l'oeil ouvert qu'il est dans le faux doux. C'était bien vrai. C'est exactement comme je l'ai rêvé. Rien de romancé, rien d'exagéré. C'était comme ça, comme maintenant. La vérité est insupportable comme ce carrelage froid de salle de bain sous ses pieds et la lumière dans ses rides en face. Quelle horreur ! C'est vrai il y a bien la mort et cela nous concerne par nature. La vraie passivité est de ne plus pouvoir produire pour soi de raisonnements. Au purgatoire, ce sera cela, il le perçoit. Nous ne raisonnerons plus, ce sera des pleures sans fins, silencieuses devant l'incompréhensible évidence. Monsieur Réant sait qu'il est impossible de partager ce qu'il découvre, au degré de maturité qu'il le découvre, les mots ne permettent pas de voir. Ses homologues, hommes et femmes modernes, ont une tendance abusive à produire des raisonnements. A bon rythme, selon une gymnastique bien maîtrisée, comme lui, comme sa bru et ses fils, comme au boulot, ils fabriquent des raisonnements, issus de leur personne, devenue puits sans fond, manufacture inépuisable. La nature de la matière première ne fait aucun doute, c'est de l'âme. (...)  

 

 

 (...) Tout le monde vient s'abîmer dans ce moi-trou noir. S'être autorisé à être un auteur et avaler Dieu. Rien n'est plus facile au quotidien. Il faudrait qu'il fasse partager son rêve comme on regarde un film plusieurs fois de suite et puis en extrait aussi. Encore et encore. Monsieur Réant marche de long en large. Il s'éloigne quand même. Il arrive à son bureau, à la maison. Il n'a fermé aucune porte derrière lui. Pas de petit déjeuner en vue ce matin. Il n'en prend un que rarement et voire uniquement le week-end. Il prend un papier dans le tiroir sous le sous main en cuir. Il écrit tout en haut avec son stylo plume rempli d'encre bleue, il écrit en haut à gauche comme un écolier la date du jour, pour qu'on voit d'ici le tableau, assez gros, il écrit en haut « poème en vers » puis saute plusieurs lignes imaginaires. La page n'est plus blanche. Il griffonne une phrase en se courbant par-dessus son fauteuil. Il est resté debout d'ailleurs. Il marche à nouveau autour du bureau, vers la porte et demi-tour, il se rassemble. Il compte pendant ce temps, avec sa tête, ses jambes, les pieds de ses phrases. Il construit avec des rimes. Il va dérouler l'histoire comme un tapis sur un escalier monumental. C'est vraiment facile. Il aère ses vers de pauses pendant lesquelles il marche et compte. C'est vraiment trop facile. Il écrit comme il respire.

« Tête la première en plonge dans l'oreiller,

Une bête sort du songe et se souvient d'hier.

Dans de beaux draps, le Seigneur l'a réveillé.

Dans de longs bras, elle se récite la prière.

En tête à tête avec son créateur, elle ose

Reconsidérer toute vie depuis la genèse.

Le bras de fer du créateur avec sa chose

Consiste à faire en sorte qu'à jamais elle se taise. 

  

La bête élève sa tombe comme une pierre, 

Elle sait que son Seigneur est là pour surveiller.

jusqu'au dernier sous-sol, elle plonge tête la première,

Au dernier temps, il sauve la tête sur l'oreiller. » 

Il souffle maintenant et rebouche son stylo plume. Le jour a eu le temps de complètement se déployer au ciel, pendant ses comptes de pieds. Il souffle car il a compris qu'il suffit d'un oreiller pour être apaisé. Il suffit d'un oreiller pour attendre la mort. Se préparer au purgatoire,  accepter la paralysie de l'esprit face à la lumière, sentir son cerveau comme une langue pâteuse et se transformer en prière car devenu incapable d'habiller la tragédie de raisonnements. Ne plus devenir qu'actions de grâce et, point d'écartèlement entre le mal dont on est porteur et la lumière reçue, pour une humiliation maximum et salvifique. Dans cette salle d'attente où l'éternité est un morceau, où la venue du Seigneur est toujours inattendue. "A qui le tour ?" Au sien.

Publié dans L'âme et sa vague

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Maximilien FRICHE 19/10/2007 10:03

Vous avez raison, le texte n'existe jamais tant que lorsqu'il est objet. "La prière" existe via l'édition manuscrit.com. Il faudrait que je fasse exister Histoire d'écrire, La guerre, et Méprisable. Néanmoins, je sens poindre une certaine lassitude dans l'humiliation. S'il suffisait d'écrire... Je n'ai aucune envie de me transformer en agent de moi même, en entier consacré à obtenir des lecteurs sous forme de chiffre. Pour l'heure je me contente d'écrire encore, encore d'écrire.

Martin 16/10/2007 15:41

Bonjour, Vos textes sont intéressants, vraiment. Je vous invite à découvrir le site TheBookEdition.com.Il vous permettra de publier un vrai livre. Voir son œuvre dans un livre est un véritable aboutissement, vos textes méritent d’être couchés sur du papier d’édition, dans un livre, on a envie de les palper. En plus la publication et la vente dans leur catalogue en ligne sont gratuites. A bientôt, Martin