ART CONTEMPORAIN

Publié le par Maximilien FRICHE

version maxi 45 d'un article publié en version single dans La revue Contrelittérature n°21 - printemps 2008




Refusez de participer à l’œuvre de l’homme !



L’art contemporain est aujourd’hui devenu un label, où les règles de création sont définies dans le but d’une utilité pour soi et pour la société. S’opère alors un détournement de l’art vers l’instant et le virtuel et, un retournement contre ses origines. Pour rétablir l’art, aujourd’hui, il nous faut le redéfinir et l’orienter. Pour une définition de l’art, il nous faut revenir à la nature même de l’homme, cette créature libre. Il n’y a d’art, que parce que l’homme a soif d’idéal, qu’il considère sa mort comme un scandale, qu’il est pêcheur et qu’il ne peut s’empêcher d’aimer comme il respire. L’œuvre d’art ne pourra renaître que des cendres de l’artiste et, contre l’œuvre de l’homme.

 

 

 

Les règles de l’art

 

Quand on parle d’art contemporain aujourd’hui, il ne s’agit pas seulement des œuvres d’art réalisées par nos contemporains. Cela relève davantage du label : marque déposée par un syndicat professionnel et, apposée sur un produit destiné à la vente pour en certifier notamment les conditions de fabrication. Tout ne rentre pas dans la définition implicite de l’art contemporain. Ainsi, pour faire pleuvoir les subventions, faut-il avoir un projet. Ce projet doit être décrit dans un dossier de plusieurs pages, expliqué, détaillé, etc. A tel point que le projet risque souvent de remplacer l’œuvre d’art elle-même. Les décideurs, comme tout le monde, ont renoncé à demander aux artistes ce que leur œuvre représente, ils n’ont pas envie de passer pour des ringards, en revanche, ils veulent comprendre, savoir s’ils peuvent être pour ou contre, en un mot, adhérer au projet ou non. Aujourd’hui l’art contemporain ne se conçoit que dans l’événement. L’évènement est ce qu’il faut créer justement. On est dans le règne de l’expo : Expo, rétrospectives, festivals, manifestations, résidences d’artistes, friches industrielles, squats artistiques, étalage, têtes de gondole. Seulement deux options peuvent s’offrir : le succès populaire ou le succès médiatique. Comme s’il y avait une grande différence entre l’approbation de la masse et celle de son média. L’artiste qui n’en a jamais assez de s’humilier, se transforme dès lors en agent de lui-même, et passe la plupart de son temps à réfléchir à son angle d’attaque, à la lecture que l’on pourra faire de lui-même, à préparer sa promotion et sa vente. Une expo, ce n’est pas un musée, c’est un projet. Un musée réunit des œuvres d’art, l’expo, c’est l’œuvre elle-même. L’artiste, c’est le communiquant, le critique potentiel, avec sa belle petite intention. Nous vivons dans le règne de l’intention, de l’essai artistique, du désir de faire passer des messages. Autant dire que nous vivons en pleine vulgarité. On commence par définir un thème, genre le Passage du temps à Lille. Et après on demande aux artistes de faire pire que Lamartine avec son lac. Je me souviens aussi avoir rencontré un totem dans les jardins de Chaumont-sur-Loire. Sur ce totem, on trouvait des photos de citoyens issus de l’immigration et, au milieu des visages, le sien, propre, grâce à des petits miroirs disposés partout. « C’est génial ! » Tout le monde a bien compris le message ? Rassurez-vous, le guide nous explique la démarche de l’artiste, et pourquoi, aussi, il a disposé des valises éventrées où poussent de belles plantes au pied du totem. L’intermittent contemporain est un trop plein de conscience, il n’en peut plus de se penser, il voit des concepts partout. A ce rythme, il suffira bientôt d’avoir seulement le dossier de presse et basta ! Une fois penché sur le message en bas à droite, ce n’est même plus la peine de prendre du recul pour vérifier dans l’œuvre ce qu’on vient de lire. Une fois que l’on sait, il n’y a plus rien à découvrir. Le message est saisi, saisi par le vide. Ca tombe bien puisque le message est creux. Peu importe que le message relève d’ailleurs du niveau d’un catéchisme élémentaire. Peu importe la niaiserie du message. Le souci est qu’il y a message, intention de l’artiste, pleine conscience de cette intention, pleine maîtrise. Si en plus, le lieu dans lequel se passe l’expo est une de ces fameuses friches industrielles de ces villes moyennes fantômes, alors là, tout prend sens. C’est jubilatoire d’avoir tant de signification sur Terre. Ca mérite alors un vernissage, un bon papier et, des discussions blasées d’étudiants du jeudi soir.  Il n’y a pas que l’utilité pour la société, qui se véhicule dans l’art d’aujourd’hui, nous trouvons encore l’utilité pour soi, cette fameuse tendance nombriliste qui tend d’ailleurs à devenir « has been.» Le psychologisme, du type ça me fait quelque chose quelque part, c’est ici que ça me démange, ça ne vous dérange pas que je me gratte devant vous, que je me touche aussi, passe de mode ou, plus exactement, est incorporé au service d’une morale accessible à tous. Bref les règles de l’art contemporain, c’est d’être utile comme le vote du même nom. Avec l’art contemporain, on peut toujours répondre à la question du pourquoi, du pour quoi. Ces intentions sont les tombes du Mystère. Alors que l’on ne devrait créer que par amour. C’est à dire sans raison aucune.

 

 

De la chair faite Verbe

 

L’art, selon ce livre qui définit toute chose, est une expression d’un idéal de beauté dans les œuvres humaines. L’art contemporain semble plus correspondre à la première définition donnée par le même livre : manière de faire une chose selon des règles (de l’art, dans un cercle vicieux.) Pourquoi l’art ? En voilà une question ! Excluons dès maintenant des raisons liées à l'épanouissement personnel, la production d'une morale ou, à de la consommation de culture. Excluons ces mauvaises raisons où l'on trouve la jouissance, le confort, l'orgueil, et le marché. Excluons les raisons nées de l'absurde et de la nécessité d'avoir un passe-temps, pour occuper le corps avant la mort. Osons assumer notre soif d'absolu ! L’art, c’est chercher à dessiner la Vérité, tenter de montrer l'infini de la pensée. Parce que la Vérité, c’est l’idéal de beauté. Parce que la Vérité à l’infini se confond avec le beau. En effet la pensée est infinie, c'est à dire qu'elle a ça de semblable avec l'éternité, qu'elle ne peut être complètement atteinte. La pensée est infinie, cela signifie qu'elle est totalitaire, supérieure à tout. Il s'agit donc dans une œuvre d’art de traduire la pensée, ce qui constitue un échec « sans cesse recommencé. » La vitesse de la pensée est la vitesse infinie donc maximale, indépassable. La pensée est donc autant contenue dans la vérité qu'elle contient la vérité, elles sont comme épousées et distinctes. Servir un art serait donc traduire la Vérité, en dessiner un morceau, rendre témoignage de son existence. Sauf que de l'humiliation de ne jamais être vrai, de manquer en tout la cible naît un risque de parler de sa vérité, une vérité. C'est la tentation du relativisme où on prend la lumière difractée par le prisme de l’art pour la lumière elle-même. C'est le risque de substitution de la Vérité par sa projection terrestre, c'est aussi le risque de remplacement de la lumière par son empreinte. Et nous tombons de nouveau sur les mauvaises raisons de servir un art. Il faudrait ne s'en tenir qu'à l'humiliation et s'en réjouir quand elle surgit à notre vision. Ecrire la vérité et échouer et ainsi en témoigner. Ou plus exactement, un objet d’art serait une réponse, un accusé de réception pour faire savoir que l'on perçoit la vérité en pensée, qu'on en est habité. Dès lors, il ne faut voir l’œuvre d’art que comme de la chair faite verbe, une réponse, un accusé de réception du message du créateur.

 

 

Parce que j’ai peur de la mort

 

Le premier risque pour l’art contemporain est de passer à côté de la mort. Fini les digressions, les discours bourrés de liens hypertexte, les raisonnements produits pour jouer et sur-jouer en société. Il faut tout ramener sur le socle de la conscience de notre finitude. Retrouver le syllogisme, l’obsession, l’homme est mortel, je suis un homme, je suis mortel. Il n’y a pas d’art sans conscience de la mort. Et, être conscient de la mort signifie forcément en avoir peur. Il s’agit en fait d’exister, reconnaître en son unité un objet créé, comme les autres. Ecouter les battements de son cœur et les ressentir jusque sur les tempes. Juste après, en regardant plus loin que l’horizon, dans le vague à larmes, au bord de l’infini, ressentir l’abolition des limites de la pensée tout comme son caractère inachevé. Ressentir la multitude des pensées. Et prendre conscience que la substance du dedans permettrait de vivre mille vies différentes. La mort enveloppe comme une conscience en sus, un film de sueur, liquide de la peur. « Mes yeux rendent flou l’univers et ses frontières, et mon décor s’éloigne, se rapetisse avec les gens dedans. » N’entendre plus que son bruit intérieur, le sourd clapotis, ce mélange de sons bas. La peur de la mort est la manifestation de la conscience qu’on a d’elle-même. C’est elle qui fige, c’est sur elle que l’on doit donc bâtir, construire, du grand art. « Je ne peux pas mourir, ce n’est pas possible ! » Il faut le crier. Etre persuadé qu’on est fait pour l’absolu, que l’incarnation et ses limites, ne sont rien, que l’on peut être immortel. De là, la mort est inacceptable, on se débat, c’est Le scandale. L’artiste, engagé dans l’humiliation totale, doit évoquer la mort, commencer par-là. Bâtir sur la peur et illustrer la mort ne signifie pas commencer par-là, et vite passer à autre chose, vite apprivoiser le tout et gagner en maturité. Au contraire, il s’agit  de sans cesse y revenir, sans fin repasser par la conscience de la mort et la peur. Il s’agit du matériau à incorporer, à chaque passage du pinceau, du stylo, de la main, du souffle, à la substance de l’œuvre, au Verbe. Le poète doit se programmer un rappel de la peur, quand la ligne devient trop longue et se fond au plan. Revenir au sujet, revenir à la mort, ne pas finir l’œuvre sans y être revenu. Un livre doit être le ressassement de cette idée dans tous les sens, variations autour d'un refrain obsédant comme trois notes, un arpège. Avec la peur de la mort, l’art existera toujours, même après la chute du cours du marché de l’art.

 

 

Parce que je ne suis que mauvais

 

Le deuxième risque pour l’art contemporain est d’oublier l’extrême indigence de l’homme, d’oublier que la créature n’est pas au même calibre que son créateur, qu’elle est porteuse du mal absolu, d’un pêché congénital. L’artiste, comme un homme, doit  rire cyniquement de ses faits et gestes, de son allure forcément sur jouée, de sa façon obligatoirement vulgaire de s’exprimer, de ses gestes tous maladroits, de la bêtise de ses propos, s’écœurer de s’entendre salir le Verbe, et de participer à la niaiserie généralisée produisant raisonnements sur raisonnements. Tout ce qui est dit est faux, du moment qu’il y a eu intention de le dire, une préméditation. L’erreur serait de réduire l’artiste à un humaniste devant faire passer le message dans ses œuvres d’une humanité en pleine gloire. L’erreur de l’artiste contemporain serait de contribuer à ce que la masse tire fierté de son pêché originel. Il faut rejeter ce personnage de talent qui ne se voit pas tant achevé que lorsqu’il s’est nommé humaniste, celui qui est tant satisfait de l’homme, comme bien commun, comme lieu commun du bien, qu’il considère toute production humaine comme source du salut de masse. L’artiste est tout aussi surnuméraire que moi et il n’arrive pas vraiment à se faire discret. Grâce à cette indigence retrouvée, il ne faut pas se détruire, mais se contenter de se vomir tous les jours. Devenir son propre harceleur, son propre tyran, devenir de soi-même phobe ! Avant d’être inspiré, il faut vomir sa race, la race humaine. Vous vous rejetez, dessinez avec votre vomi. Il faut créer avec ce soi déformé, acidifié, blessé, tombé. Il faut écrire avec cet homme devenu écorché vif, qui a le goût d’un cri, et une odeur en creux. Réaliser une œuvre d’art, c'est oser se répandre en verbe, se ridiculiser et ainsi être baigné dans l’humiliation, bain du salut. Nous voyons l’artiste comme un martyr du ridicule. Si par hasard je fais du bien ça ne peut-être que par don, que suite au pardon.

Créer est un vice, un boulet et des grelots. Pour repérer le fils d’Adam à travers les âges. Bien collatéral au pêché, coextensif au mal. Contenu dans le mal, l’art est ce morceau de vie travestie qui vit grâce au mal, qui grandit en même temps que lui, dans son ventre. Comme le mal a été créé, car situé à l’intérieur de la vie libre, séparée de Dieu, l’art est né à l’intérieur du mal au moment de la chute, à l’intérieur de la mort. Seul un pêcheur peut être un artiste. Créer est un geste honteux, que l’on fait en se cachant. Ce geste comporte par avance tout le plaisir que l’on aurait à être aimé en vérité. C’est le geste du mal rebelle qui cherche Dieu, c’est le remord de Satan, le truc que l’homme a reçu lors du pêché originel. Faire le constat de son indigence m'apparaît comme une étape indispensable, voire même un point de pèlerinage incontournable durant toute la vie, le point du retournement pour aller un peu plus loin à chaque nouveau départ. Il faut donc tirer de ce pêché d’existentialisme matière à conversion. En faire un socle indispensable à la construction de l’art. Partir de rien en fait, et revenir sans arrêt à ce rien. L’amour arrive dans ce moment de dénuement. Il ne reste plus que ça, si on se refuse d’un côté à jouer, de l’autre à se détester. On ne devrait se contenter que de ça. Se savoir aimé et, aimer à son tour, à fonds perdus, sans commune mesure avec ce qu’on reçoit, sans ambition, sans intérêt. Aimer parce qu’on ne sait faire que ça, même mal.

 

 

Parce que je t’aime comme je respire

 

Le troisième risque pour l’art contemporain est d’oublier que toute création a pour origine l’amour. L’œuvre d’art doit être l’expression d’un amour, comme la manifestation du ridicule de l’amoureux. Il ne devrait pas y avoir d’œuvre en soi ou pour soi, pour s’exprimer, pour se faire du bien. Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien dans son texte, tout ça n’est ni un préalable, ni un but. Il n’y a d’écriture vivante que la lettre. Et c’est de ce genre que doit découler tout l’Art, y compris contemporain. Attention, je ne suis pas en train de faire un retour vers le romantisme plaisant, je veux simplement replacer un point d’attraction pour la bonne gravitation de l’œuvre d’art, voire, sa transformation en météorite, se précipitant à sa perte, dans un baiser mortel, quand la vérité a été approchée au point d’obliger l’artiste à ne plus rien faire du tout. Tout artiste doit se choisir une reine et se réduire à du consommable, se faire offrande. Offrande jusqu’à dissolution de soi, oubli, disparition c’est à dire, le contraire du cadeau qui va jusqu’à devenir centre de production, usine à tableaux, camp. Toute réalisation artistique devrait initialement être le projet d’une lettre. Imagine, mon cœur, ceci, pour toi. Vois comme j’accepte le ridicule pour te plaire. Une muse qui aspire l’être plus qu’elle ne l’inspire. Une muse à qui l’on en veut autant qu’on la désire. Et le sens du sacrifice pousse à se donner entièrement, se perdre, en étant conscient de sa médiocrité, de son mauvais goût. Et, seule, la souffrance née de ce sacrifice devient digne de lecture. C’est seulement dans ce geste de funambule, à un pas du ridicule comme de la mort, que se trouve l’expression d’un don dans notre chair. Le ridicule est risqué. Quoi de plus beau qu’un enfant maladroit qui offre un collier de nouilles en sachant que ça ne vaut pas l’or que sa mère porte déjà autour du cou ? Tout offrir dans la conscience d’être mauvais goût, voilà ce qu’est servir un art. Parce que nous n’avons été créés pour aucune raison et uniquement par amour, nous sommes dépositaires de ce souffle conteneur, de cette enveloppe de sentiment. Nous aimons avant d’avoir trouver quelqu’un à aimer. On dit « je t’aime » à un oreiller avant de s’endormir. Il y a cette sensation d’avoir trop d’air dans ses poumons, d’être asphyxié par trop d’oxygène, la condition de vie. La déclaration d’amour est ce moment de projection totale, hors de soi, de ce contenant, cette capacité d’aimer, c’est elle qui insuffle au cœur de l’artiste le sens du sacrifice. Le projet moderne de l’art contemporain semble être : s’exprimer. Cela fait partie des choses dites importantes, importantes pour être bien. Tout projet esthétique converge vers ce trou noir de l’utilitarisme. On jette dans le trou pèle mêle l’écriture, la musique, les arts plastiques, le théâtre (et même les religions : On aimerait tellement définir les religions comme des humanismes dont la mission est de produire de la morale, on aimerait tellement voir les religions comme des usines.) On crée maintenant comme on se soulage, pour que cela fasse du bien. Il faut donc s’exprimer, se mettre dehors, à la vue de tous, en exhibitionniste, fier de son pêché originel. Créer est une thérapie pour l’artiste et ses consommateurs. D’où le droit démocratique, reconnu à chacun, à produire son morceau de masse. Ce qu’il faut adopter, c’est un contre-projet. Ne pas s’exprimer du tout. Ne pas produire du moi à l’infini, mais s’offrir d’un coup, en un seul morceau. Pour se faire, il s’agit d’intérioriser l’absolu. Ne pas s’exprimer, mais faire rentrer l’absolu en soi ou plutôt, le reconnaître là où il est déjà. Trouver la muse au bout de la partition, à la page suivante. Cette muse, d’autant plus efficace qu’elle est inaccessible. Cette muse parfaite, pour laquelle vous êtes indignes. Cette muse à qui vous n’arrivez pas à en vouloir, car elle pose encore le regard sur vous. Cette muse à la fois créée et parfaite, posée très loin de vous, sans autres obstacles entre elles et vous que cette infinie distance. La Sainte Vierge vous aspire. Et vous étalez des propos, une proposition honnête faite à la louange de la création.

 

 

Délivrer l’art

 

Aujourd’hui attachée au dossier de presse, à l’artiste, l’œuvre d’art est devenue l’œuvre de l’homme, pour la louange de sa gloire. Il faut refuser cet opus de toutes nos forces et libérer ces œuvres qui sont autant d’accusés de réception faits à la création, qui sont autant de preuves de l’existence de Dieu. Pour une résurrection de l’art, il faut une mort programmée des artistes. C’est la mort de l’artiste qui permet à l’Art de renaître. L’œuvre d’art est un objet, ce qui lui confère liberté et une indépendance vis-à-vis de la chair qui l’a fait naître. C'est à dire qu'il ne se conduit plus comme un organe de l'auteur mais comme un objet familier. Cet objet va dès lors présenter une résistance à l'auteur lui-même. C'est cette liberté qui va conférer une existence potentielle à l’œuvre d’art. Comme quelque chose qui présente un risque et qui ne se réalise qu'en cas d'opportunité. Comme le papier a un potentiel calorifique. Le feu vient avec un regard posé, une oreille tendue, quand un sens de l’homme est électrisé, rendu organe récepteur. L’art existe alors, et bien plus que n’importe quel intermittent. Il faut retrouver l’ambition de dissoudre les artistes, oublier les auteurs et leurs droits, retrouver l’ambition de servir l’œuvre, de servir un art, comme un organe participe à la vie d’une créature. Première action : éparpiller les objets exposés autour d’un thème. Deuxième action : brûler tous les dossiers de presse et toutes les fiches explicatives. Troisième action : ordonner le génocide des artistes. Parce que l’homme n’est pas un créateur, mais une créature, il lui faut réorienter son art vers la vérité, en faire un témoignage, une illustration, une louange à sa gloire. Parce que l’artiste qui témoigne de la vérité, témoigne de l’œuvre de Dieu, il doit refuser de participer à l’œuvre de l’homme et refuser d’avoir l’ambition de rendre utile son œuvre pour son bien être et celui de son monde.

 

 

Publié dans friche-intellectuelle

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Voiker 24/07/2009 20:11

Hello,mes amitiés à toi.Je reprends du service sur un nouvel espace vierge; Wiwilbaryu migre, émigrant avec ses migraines vers un nouvel espace virtuel: Le Comte Démonté-Cristohttp://demonte-cristo.blogspot.com/ Mon présent a disparuJe m'archive dans un romanVoiker devient "Personne"Je marche ivre dans mon présent