Le remord au bord des yeux, comme un duvet d’hier

Publié le par Maximilien FRICHE

Pardon son Dieu. N’être plus qu’un corps à cueillir. Nu comme un verbe. La tête en médaillon. L’ombre autour du cou, comme une collerette de honte. Pardon son Dieu. Il ne sait pas ce qu’il fait. Il ne sait pas qu’il Vous crucifie. Ses raisonnements produits ont créé suffisamment de fumée. Trompe l’œil en buée. De la gaze au bout du nez. Il faut le undefinedrécupérer d’urgence. Nous prions son Dieu. Il n’est plus qu’une goutte à recueillir. Au creux de Dieu. Un ver, un homme à la poitrine sans muscle, sans utilité. Ayez pitié de sa faiblesse. Peut-être avez-Vous surestimé les forces du vivant ? Ne permettez pas que cela soit tenté au de là de ses propres forces. Et pour lui, cette pluie, soyez un récipient. Il se dégoutte. D’avoir trahi la vie. De toute façon, si il ne vous entend pas, il Vous restera Votre colère. Vos poings serrés comme une gorge. Pardon mon Dieu. Ayez pitié. Il n’est plus qu’une tige sans tête, une tige molle et fanée. Il Vous connaît. Il Vous reconnaît. C’est pourquoi il perd toute rigidité. Ayez pitié, il se réduit à un sac d’os. Sans sens sans Vous. Sans ordre. Il est maintenant prêt à obéir. Dites seulement une parole. Il attend une main. Dans sa patience il se prête à rire. Dans sa pénitence aussi. Il espère être sauvé. Il attend le geste, la conjugaison. Pardon mon Dieu. Il n’est qu’un regret tout entier, mangé par son souvenir obscène, figé dans le diaporama de son pêché. Ayez pitié de ses deux dimensions. Il n’est plus qu’un corps à cueillir.


Publié dans L'âme et sa vague

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