Edito

 

Quelques mots issus d'une déchirure, deversés en vrac en réaction au monde, à la face de fiertés individuelles, producteurs de raisonnements comme virus, et consommateurs de cultures. Pour commencer à s'écrire entièrement. Pour que vous soyés humiliés. Peut-être sauvés. Bienvenue dans la spirale !

Maximilien Friche

(la prière)

Samedi 24 mars 2007

Le refus de participer, un défi d’avenir

Fatigué et écoeuré de ses raisnonnements, honteux d'en faire partie, finir par tout abandonner, se désintéresser du monde, et commencer aujourd'hui son purgatoire.

 Crime absolu 

 

 Je ressens très clairement, comme on a une vision, qu’un jour le refus de participer, sera le crime absolu dans ce monde qui s’engendre comme il se vomit, par salves de progrès pour masse. Et je me sens capable de bientôt refuser l’ensemble des rôles que l’on me proposera. Dans mon abandon, je désire déjà l’exclusion. Cela viendra comme un réveil, un bien être construit sur du vide. Une conscience heureuse de constater que la Vérité se réduit à ce rien. Ce refus sera le crime absolu décrété par nos démocraties, car on ne jouera plus le jeu du débat. On ne prendra plus le rôle du contre poids. Pour progresser, la société a besoin d’opposition, et depuis que tout le monde est bon, elle se divise entre bons pour continuer d’avancer. C’est ainsi que notre opposition ne peut être que la nostalgie que le monde moderne se permet d’anticiper dans sa chute. Seul, le refus de participer, le refus de produire des raisonnements contraires aux idées du moment, atteindra le privilège d’être le crime absolu. Refuser de jouer, c'est pire que partir perdant, c'est ôter à l'autre toute possibilité de jouir, c'est castrer ce monde arrivé au bord des lèvres.

 Abandonner toutes choses égales par ailleurs

Prenons quelques exemples pour s’illustrer. Tout d’abord évoquons la politique puisque c’est l’actualité, puis nous évoquerons d’ailleurs l’actualité et toutes les choses de la vie, tout ce qui en fait une poubelle jamais assez remplie, tous les passe-temps de curriculum vitae dans la rubriques divers, toute notre vie de citoyen. J’annonce qu’il nous faudra un jour ne plus voter. Identifier la dernière fois, le moment où ce vote ne sera plus qu’utile. Quand on croira faire de la politique en tractant pour un lobby. Pride contre pride, fiertés contre fiertés, tous sur un char avec des ballons de toute façon. Quand on voudra influencer les politiques en faisant pression : ensemble on est plus fort, d’autant qu’on est tous pareil. Après avoir voté utile, arrêter de voter. Car si la démocratie vous avez plu, grâce au hasard égalitaire du choix collectif, le vote utile vous transporte dans une dilution de ce qui fait de vous un individu, pour juste devenir ce que vous en pensez. Qu’il est pathétique de constater que chaque fierté individuelle va produire des raisonnements, une intelligence de la masse, dans laquelle elle se contient, et par son calcul changer son vote, adapter son vote à la stratégie de tous les autres contenus dans la masse et qui agissent après l’avoir disséqué jusqu’à l’organe qu’il représente désormais. Pour que la droite passe, il faudrait désormais voter Royal au premier tour, puisque contre Bayrou, Sarko perd, sachant que pendant ce temps, le reste de la masse doit s’arrêter de produire des raisonnements. Le vote utile n’a pas de fin dans la connerie. Arrivé à ce stade, il est urgent de tout arrêter, de se retirer et, désormais, de refuser de participer. Déjà, qu’au tout début, on n’était pas sûr de croire à la démocratie, on avait juste fait des efforts pour continuer d’avoir des amis, mais alors là ! Bon, cet exemple est de circonstance, c’est de la discussion de samedi soir, mais plus largement, ce refus de participer sera le refus de toute morale. Il faudra arrêter de trier ses déchets ; de manager par la qualité ; de mesurer ses propos ; de consommer de la culture ; de partir au ski ; de faire du sport, de manger équilibré, de boire avec modération ; d’avoir de grandes capacités d’écoute ;  de faire les soldes ; de faire des minutes de silence ; d’avoir une pensée pour untel ; de faire des efforts ; d’apprécier les bonnes choses ; d’avoir un comportement citoyen ; de respecter les opinions ;  de récupérer les bouchons en plastique. Et puis, bien sûr, se détourner de l’actualité et de son business. Ce qui se passe aujourd’hui, en ce moment même ne doit plus nous intéresser. Il faut arriver à être incapable d’avoir une opinion sur ce qui se passe. Ce n’est pas qu’il faudra refuser de donner son avis, mais s’arranger pour ne pas en avoir. N’avoir pour motivation dans ce refus, que la fatigue, l’ennuie. Et puis il faudra aussi arrêter de lire.

 La vraie réaction

Pourquoi tu ne veux pas parler, t'es timide, t'es pas épanoui ? Laisse toi faire ! Non. Pourquoi tu ne parles pas ? Parce que je n'ai rien à dire.  Se retirer, réelle figure réactionnaire, ne pas prendre part, pour ne pas être ce truc prévu par le système, ce précipité au fond du bocal. Refuser le combat et tourner le dos à l’adversaire, en ayant pris conscience que ce combat était le sien, que les règles étaient les siennes, que le spectacle était donné pour l’avenir qui se trouve plus bas encore. Je ne veux pas servir de souvenirs aux modernes de demain qui se moqueront de ceux qui encore, à mon époque, s’opposaient, à ce qui sera alors devenu une évidence pour tout le monde. Rentrer dans le combat, c’est se forcer à adopter la figure du moderne d’avant-hier pour combattre celui d’aujourd’hui. Comme il est risible de constater que les réactionnaires d’aujourd’hui se disent républicains. Non décidément, la seule réaction qu’il subsistera, qu’il subsiste est le refus de participer. Pour ne pas être ce contrepoint qui parfait le cercle, cette petite (mauvaise) conscience qui permet au monde de continuer de chuter en suscitant la pitié de Dieu et la fierté des humanistes. La rupture se situe dans le détournement du regard, le désintérêt total pour ce monde. Ni pour ni contre bien au contraire. Ce qu’il nous reste à proposer à tous nos ennemis, c’est une rémission sans condition, un drapeau en berne, un regard fier. N'être plus qu'une âme sans vitrine sur le dos, sans carapace, n'être plus qu'une chose vive en supplice, sans personnalités, sans états d'âme sur rayons, du type, ça me fait quelque chose quelque part. N'être plus qu'une âme, comme un coeur battant hors du corps, nu, souffrant d'afficher le mal dont il est porteur. Commencer dès maintenant le purgatoire. Parce ce qu'on le vaut bien.

Par Maximilien FRICHE - Publié dans : friche-intellectuelle
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Vendredi 16 mars 2007
Par Maximilien FRICHE - Publié dans : Peinture
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Mercredi 28 février 2007

 

C h a m b r e       à         l  ' o m b r e

 

Une femme comme une ombre chinoise

S'imprime sur le mur de plâtre

D'une chambre où plus personne ne se croise

Où l'homme est dans l'attente de se battre

 

Il ferme les yeux sur la tâche sombre

Et retient sa salive dans sa gorge à noeuds

La femme sans contour dénombre

Les années passées à deux

 

 

Sur un lit blanc l'homme pleure

embarrassé par son souffle et son désir

Il ne peut plus cacher sa peur

De voir le jour revenir

 

Plus jamais il n'y aura d'amour

L'homme et l'ombre vivront à distance

Sa tête de toupie ne fait qu'un tour

Et roule boule puisqu'on y pense

 

 

Par Maximilien FRICHE - Publié dans : L'âme et sa vague
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Mardi 13 février 2007

 

Chers addictifs de l'info,

Le temps du sevrage est désormais nécessaire. A vous nourrir tous les jours, plusieurs fois par jour, d'actualité, votre existence même se met en péril. Votre âme perd irrémédiablement de sa substance. A n'orienter votre conscience que vers l'actualité, le factuel à incidence collective, à force de vous maintenir au courant, de vous updater, la surface devient constitutionnelle de votre être, et cette enveloppe qu'est la conscience, représente de façon symbolique votre devenir de quote-part à un vaste contenant collectif. Rentrons dans le mécanisme pour mieux percevoir la mise en oeuvre du consentement à la négation de l'être créé libre, dans l'acte de consommation d'actualités.

 

Pensé par le système dont on est l'origine

 

Dire qu'il se passe quelque chose à chaque instant, chaque seconde et qu'il ne m'arrive rien de national dans ma vie ! Dire que je ne suis pas là où ça se passe. Pourtant, j'habite le centre d'une grande ville et je ne voudrais pas que l'Histoire du monde me passe sous le nez. Je veux pouvoir dire j'y étais ! A qui ? Je ne sais pas. Pour le moment, je me parle. J'ai participé au grand tout. Il y a la queue dans les manifestations, il n'y aura pas de la place pour tout le monde. Après avoir voulu enrichir le travail des ouvriers, voilà que l'on a intéressé les ploucs à l'avenir du monde. Après avoir rendu l'ouvrier complice de sa transformation en matière première, après avoir obtenu son consentement, voilà que l'on permet à chacun de rentrer dans le virtuel, par leur propre conscience d'appartenir au monde et de vivre l'Histoire. Votre psychologie est une petite image du tout sociologique, elle est sa transcription. Voilà que je me pense tout seul. Puisque j'ai incorporé le monde que j'ai pensé. Même si c'est moi qui me pense, je deviens de toute façon un être pensé par sa propre production. Dans ce cercle vicieux où je m'avale par la queue comme un serpent, dans cette logique où je suis mon propre trou noir, ma propre anti-matière, mon anus, bouche ouverte, l'intérêt que je porte à l'info apparaît comme un symptôme caractéristique et pathétique de la fin de l'être créé libre. Aujourd'hui on s'enfile tout seul dans un ultime et pathétique théâtre de la dissolution de l'individu, dans un tout qui pensera pour lui, en lui ayant conféré les sensations de la liberté.

 

20h00, Google, France info, le Monde, 20 minutes et vous dans tout ça

  • Je reçois au café du coin, au milieu de mon marécage de pensée, plusieurs phrases à la suite l'une de l'autre, d'une traite. Ce sont des infos. J'y mets dans ma tête la ponctuation et reconnais les phrases qui racontent le monde, celui des autres, le mien.
  • Je prends une info de façon rituelle, dans mon bain, à mon volant, au petit déjeuner, au dîner avec Claire Chazal, en six minutes avant la distraction... très bien. Chaque chose est en devenir, comme chaque jour, le feuilleton peut continuer. Il y a toujours une suite et je suis l'actualité. Je me tiens au courant. Je suis l'actualité et j'aimerais bien la rattraper, voire me mettre juste devant.

 

Mais un jour, je prends conscience de la non discontinuité de l'Histoire. Je prends conscience que des choses se passent entre deux, qu'il y a un fil de la discussion. Je ne voudrais pas louper des choses. Entre les deux moments rituels, que se passe-t-il ? Le pape est-il mort maintenant ou est-ce que j'ai le temps d'aller faire une course, je ne voudrais pas l'apprendre de la bouche d'un autre que le journaliste, la voix officiel, sinon c'est un peu comme regarder un match en différé et avoir le résultat. Et puis l'autre, qui a le privilège de nous instruire sur l'actualité du monde, sa toute dernière mise à jour, arbore un sourire qui vous largue, vous êtes has been, enfermé dans le monde de tout à l'heure, d'il y a tout juste une minute. T'es pas au courant ?! Tu n'appartiens plus au monde ? Il faut vite raccrocher les wagons, sinon les raisonnements que l'on va produire n'auront aucune validité. Car le but est là. Avoir son idée sur le monde, son avenir, sa trajectoire, la conjoncture... le but est là, donner l'illusion à l'être crée qu'il peut produire librement des raisonnements en continu, en phase, avec un style blasé littéraire. Nous devons être en capacité d'analyser la boîte dans laquelle nous sommes, nous en échapper virtuellement, et en faire la synthèse en la projetant à plat dans les deux dimensions de nos idéologies, pour les discussions mondaines mais surtout, pour se trahir en tant qu'individu. La volonté de juger le monde en temps réel ne nie pas notre appartenance à ce monde mais correspond à une collaboration pleine de notre personne à la négation de notre liberté. On se met au courant pour confirmer son analyse ou en produire une nouvelle, qui définit des déterminismes, comme on respire. Ces déterminismes étant forcément extérieurs et hasardeux, il ne nous reste plus qu'à conceptualiser le chaos et négliger l'individu autan qu'un organe soumis à une chimie. Qui aurait dit qu'une simple compulsion, qu'un simple besoin d'info, de voir le monde en entier et de s'y voir dedans, nous mènerait à cette obscure complicité avec le diable? pourtant, ayant lu le journal de ce matin, nous serons contents d'échanger avec un ami sur ce 11 septembre, nous serons contents d'avoir déjà repris à son compte les comparaisons qui nous semblaient les plus parlantes, nous serons contents d'identifier des causes et des conséquences évidentes. Vous fantasmez en secret sur la possibilité de vous télécharger de la culture, pour incorporer le monde dans votre personnalité, pour les bons mots. C'est l'individu qui se digère en consommant. Que se passe-t-il ? Qui est mort ? D'ailleurs comment va-t-il ? L'abbé Pierre est mort ! Vous n'y croyez pas. L'abbé Pierre était un homme, l'homme est mortel, l'abbé était mortel. Vous jouez candide devant votre syllogisme. Vous êtes capables de vous étonner qu'un vieil homme puisse mourir, et vous êtes capables de ressentir de la tristesse, vous êtes capables de croire que vous l'avez connu. C'est quand même un comble d'aller chercher si loin pour vivre ce genre d'événements, la mort se fait toujours proche, nous n'avons pas besoin des infos pour la sentir. C'est une chose qu'on est amené à vivre de prêt sans avoir besoin de cette vie par procuration généralisée que chantait un chanteur français de variétoche. On en voit, avec leur personnalité raffinée, déclarer que cela leur fait quelque chose quelque part, tel événement. C'est que l'oeuvre est accomplie, la virtualisation est complète. Combien sont fiers d'être du même avis que tous ceux qui sont dans la tendance, avec cette fichue prétention d'être subversif, fier d'avoir produit une morale qui nous met tous dans le camp du bien. Et comment vous allez réussir à vous dire que vous êtes concernés. Et comment, dans une espèce de prophétie auto réalisante, cette actualité va devenir un déterminisme de vos comportements, votre action, et comment, au final, vous allez devenir cet élément constitutif de ce monde que vous avez pré analysé et pré-digéré. Fuite d'âme ? C'est le minimum constaté pour un homme qui change de nature. Le monde que vous avez produit, vous a engendré, comme un vomissement continu - stricte correspondance du serpent se bouffant la queue quand vous vous alimentez de votre propre culture. Il vous faut revendiquer d'être à la marge du monde, absolument pas concerné et finalement pas même intéressé par ce qui se passe, tout juste amusé, pour garder férocement votre nature humaine d'individu. Libertaire ? Oui, mais de Tradition !

 

Du consommateur au producteur

Vous êtes des consommateurs d'informations, et vous produisez des raisonnements. C'est normal, c'est comme monsieur tout le monde. Vous êtes branchés 24h/24h à France info, à google, guettez les dépêches Reuters ou AFP, vous compilez et comparez en temps réel. Vous vous êtes alors trompé de métier. Et cette projection dans le néant de l'instant est le reflet d'une réelle perversité, c'est à dire d'une collaboration active à votre propre perte. Vous êtes comme des gens s'apprêtant à traverser une route, regardant à droite, puis à gauche, puis à droite, puis à gauche, et sans fin, bien que faisant de tout petits pas sur la chaussée, pas chassés. La dépendance est là. Et comme à chaque fois, on retrouve le piège du mal, vous avez commencé par trouver du plaisir et avez même joui et maintenant, vous retournez en pèlerinage dans le mal par compulsion, votre boulet chevillé au corps vous donne des réflexes. Attention à l'overdose d'actualités ! Attention aux multiples ruses qui feront de vous un fan d'un type d'actualité, c'est à dire, qui vous conféreront une flatteuse personnalité bien actuelle, standardisée, originale comme les autres, pour mieux vous hypnotiser par basse flatterie. Fan de l'actu internationale, monde diplodocus et courrier international (sera le genre humain.) Attention à l'ultime ruse qui vous donnera les sensations d'être un être libre et créateur... C'est là notre faiblesse, celle que l'on partage tous dans la chute. L"idée que les journalistes sont aussi mauvais que nous s"inverse sournoisement en l"idée que nous sommes aussi bons qu"eux, en fin de compte. Et en plus, cela semble tellement facile. Il suffit de lire et d'être doué en analogie moderne, en contrefaçon d'idées répandues. Ainsi, sur internet, dans le réseau, sur des blogs, chacun passe du consommateur avisé au producteur, de celui qui s'y connaît, expert en critique de l'information à chroniqueur mondain de son quartier de toile. C'est l'utilisation et le retournement sans fin des concepts identifiés par les communistes clamant que le capitalisme est l'exploitation de l'homme par l'homme et faisant à l'envers la même chose. C'est le vieux principe de rapports entre prédateurs dans une même chaîne alimentaire; d'autres images moins flatteuses peuvent encore me démanger. Chacun y va de son petit commentaire sur la même actualité en partage, en même temps, chacun commet son article teinté d'ironie sur le même événement. Maville.com fait fureur. On n'attendait que moi et mon avis et, les avis : c'est contagieux. Plus c'est médiocre, plus cela donne l'idée à chacun qu'il peut faire aussi bien. Mais ce n'est pas ça qui est grave, mais plutôt l'homme qui se dénature en glissant dans la modernité qui ne fait que s'illustrer dans ces manies de s'ériger chroniqueur de l'instant, du maintenant, thuriféraire d'une race dénaturée et humaniste, méprisable, instantanée (comme le chocolat). Ainsi, sur Agora vox, le site de la liberté d'expression du peuple, chacun s'efforce d'avoir un avis, de balader son ironie sur les derniers faits marquants. Pour que vos sites marchent, il faut se renouveler rapidement, c'est comme la mode, il faut qu'il y ait tous les jours du neuf. Comme vous êtes condamnés à être dépassé autant que cela soit par vous-même. Ainsi l'opinion se prend en main et se fabrique toute seule. C'est les francs maçons qui doivent se sentir inutiles ! Tout le monde rêve de collaborer à l'information des masses, une intelligence commune pour la manipulation de tous. Chers blogueurs, homologues, informateurs d'un morceau de masse, vous jouez à vivre. Vous avez pris au sérieux l'Histoire et son cours, vous avez cru à tout. Vous vous êtes dit : "moi aussi je peux" comme un enfant voulant rentrer dans le cercle. Vous ne saviez pas que ce qui s'y passait n'était pas ce que vous perceviez de l'extérieur. Vous conférez une existence au néant, vous lui sacrifiez votre existence.

 

Le Diable d'hier et d'aujourd'hui : toujours à la mode

Je vais y aller fort maintenant. Non pas que le fait de consommer ou de produire de l'info soit le mal absolu, mais plutôt un aspect comme beaucoup d'autres de la mutation moderne. Et cette mutation, c'est le retour sur la création, l'oeuvre du diable. Pas de quoi s'alarmer, c'est très banal. Depuis toujours, le projet du diable est de revenir sur la création. L'existence du diable étant conditionnelle, c'est-à-dire non libre, ce dernier a besoin de notre collaboration. Comme Le communisme avait besoin d'anticommuniste à haïr, comme les anti-racistes ont choisi de détester des racistes, comme les différentes fiertés du moment ont besoin des phobies pour exister, le Diable a besoin des créatures pour accéder à l'existence. Il en a besoin doublement. D'abord comme un virus a besoin d'un corps pour le porter. Et nous sommes tous porteur du mal et même du mal absolu. Deuxièmement, parce que notre destruction en temps qu'être créé est son but. C'est-à-dire qu'il lui faut des hommes à détruire pour exister et donc son projet de revenir sur la création le pousse à maintenir une création à l'état de résidu pour exister de façon perpétuelle tant qu'il y aura des hommes (à détruire.) C'est comme un feu, sans matière ni substance, il existe pourtant au moment où il détruit des arbres. Quand il n'y aura plus rien à brûler, il n'y aura plus de feu. Au début, le diable pour revenir sur la création disposait d'une batterie de choses : cataclysmes, épidémie, guerre, etc. Aujourd'hui dans notre monde moderne de consommateurs, on ne se fait plus la guerre. Nous sommes en paix, la paix des marchés. Il lui faut donc être plus subtile, s'adapter à notre nouveau visage et se mettre à la mode. Si la ruse était désormais non pas de détruire les hommes mais de changer leur nature de sorte qu'ils ne soient plus des êtres créés libres. Et voilà nous y sommes. Il y a des fuites d'âme. L'homme moderne est aplati dans le double vitrage de la vitrine des sociétés, profil écrasé, passe partout. En se projetant dans le présent toujours actualisé, en conférant aux collectifs une existence, aux personnes morales une personnalité, en participant à l'érection de mondes les comprenant, l'homme et la femme modernes font le choix de sacrifier leur individualité, pour ne plus souffrir la vie. L'appât, comme toujours c'est l'apparence, la ressemblance. En producteur de mondes, on se croit libre, sauf que ce que l'on crée, nous contient. Cette révélation ne fera pas réagir, car alors la seconde phase est en marche, celle de finalement trouver du confort à être pensé (plus d'ailleurs qu'à se savoir aimé.) Alors, chers addictifs de l'info, chers tous ceux qui sont au courant, vous vous dites que je dramatise, que je ne vais pas bien, que même s'il y a un peu de vrai, ce n'est pas nouveau, et sauf à dire d'opter pour la vie des Saints, que pouvons nous être ou faire ? Je vous réponds simplement, que la modernité a imité le bien. S'intéresser au monde n'est pas coupable tout de même ? Certes non. On n'est pas non plus coupable de la mondialisation, de la planète village ? Certes non. Mais on n'est pas obligé de se sentir concerné. On n'est pas obligé de s'illusionner. Pas de nouvelles, bonne nouvelle ! La Réaction n'est pas "au courant" de ce qui se passe dans le monde. Elle en a l'intuition de toute éternité. Nous savons déjà tout, alors on peut bien nous raconter des choses de l'autre bout du monde, nous sommes prêts à y croire et la nouveauté, c'est que cela ne change rien à ce qui est Vrai. Ce que je vous reproche, c'est de marcher à fond, de vous fabriquer une posture.

Par Maximilien FRICHE - Publié dans : friche-intellectuelle
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Vendredi 26 janvier 2007

Prison

 

Un cri pour rien. Aucune fissure. Sans échos. Son, absorbé alors qu'à peine sorti de l'orifice. Mort né dans sa gorge au goût du rouge chaud. Il est libre dans ce volume à six facettes lisses. Ce volume qui produit de la poussière en quantité tous les jours. Il a bien le sentiment d'être au creux de futures ruines. Logé, comme une balle dans un corps. Il a bien l'impression d'être dans une case destinée à s'effriter et à l'engloutir. Son âme dans son corps est toute pareille. Il a du mal à voir comment naîtra de lui une essence viable dans la plénitude spirituelle. Ce qu'il a en lui, est embryonnaire et a renoncé à tirer sur sa chaire, à animer le pantin. Il est mort vivant. Il est gâché. Il ouvre la bouche et grimace autour d'un son rond qui reste sans réponse. Il se demande s'il a dit quelque chose, si sa gorge à noeud en a été capable. En tout cas il n'a rien entendu. Il confond. Avec tout à l'heure. Avec l'autre jour. Il n'est plus qu'un murmure marécageux et plaintif. Il se résume à des projets de phrase.  Son souffle se confond avec un sifflet ténu entrecoupé. Peut-être ne sait-il plus parler ? Il ne s'entend plus. Peut-être est-il mort ? Emmuré dans sa chair comme dans un passé. Aplati dans une photographie. Hier est loin et il y est encore.

Par Maximilien FRICHE - Publié dans : L'âme et sa vague
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Jeudi 4 janvier 2007
Seul le Verbe existe
et je ne suis rien 
La chair faite Verbe

Pourquoi écrire ? Voilà la question qui taraude tout être pensant. Excluons dès maintenant des raisons liées à l'épanouissement personnel, la production d'une morale ou, à de la consommation de culture. Excluons ces mauvaises raisons d'écrire où l'on trouve la jouissance, le confort, l'orgueil, et le marché. Excluons les raisons nées de l'absurde et de la nécessité d'avoir un passe temps, pour occuper le corps avant la mort. Nous osons assumer notre soif d'absolu. Nous cherchons à écrire la Vérité, nous tentons d'écrire l'infini de la pensée. En effet la pensée est infinie, c'est à dire qu'elle a ça de semblable avec l'éternité, qu'elle ne peut être complètement atteinte. La pensée est infinie, cela signifie qu'est est totalitaire, supérieure à tout. Il s'agit donc dans un écrit de traduire la pensée, ce qui constitue un échec 'sans cesse recommencé.' La vitesse de la pensée est la vitesse infinie donc maximale, indépassable. La pensée est donc autant contenue dans la vérité qu'elle contient la vérité, elles sont comme épousées et distinctes. Ecrire serait donc traduire la vérité, en dessiner un morceau, rendre témoignage de son existence. Sauf que de l'humiliation de ne jamais écrire la Vérité, de manquer en tout la cible naît un risque d'écrire sa vérité, une vérité. C'est la tentation du relativisme où on prend la lumière difractée par le prisme de l'écriture pour la lumière elle-même. C'est le risque de substitution de la Vérité par sa projection terrestre, c'est aussi le risque de remplacement de la lumière par son empreinte, c'est à dire son ombre, ce ciel en creux (Barbey d’Aurevilly.) Et nous tombons de nouveau sur les mauvaises raisons d'écrire. Il faudrait ne s'en tenir qu'à l'humiliation et s'en réjouir quand à la relecture, elle surgit. Ecrire la vérité et échouer et ainsi en témoigner. Ou plus exactement, un livre serait une réponse, un accusé réception pour faire savoir que l'on perçoit la vérité en pensée, qu'on en est habité. Dès lors, il ne faut voir le livre que comme de la chair faite verbe, une réponse, un accusé de réception du message du créateur.

 

L'existence des livres.

Le texte, une fois maillé, construit, devient objet. Dès la relecture, il manifeste son indépendance avec la chair qui l'a fait naître. C'est à dire qu'il ne se conduit plus comme un organe de l'auteur mais comme un objet familier. Cet objet va dès lors présenter une résistance à l'auteur lui-même. Ce dernier buttera sur les mots, sur les sons, sur les limites même de la chose. La dissemblance sera effrayante. C'est que cette chair faite Verbe, ce verbe maintenant est destiné à la liberté, même s'il n'est pas vivant, c'est sa liberté qui lui confère une existence potentielle. Comme quelque chose qui présente un risque et qui ne se réalise qu'en cas d'opportunité. Le papier présente un potentiel calorifique important, le texte prend feu lors de la lecture, il existe alors. Il existe seul, comme un objet rebelle pour son auteur. Le texte est un réservoir de chaos. Le texte est un virus qui s'activera au contact du lecteur qui y consentira. De cette contamination on ne tiendra nullement responsable l'auteur qui ne maîtrise plus rien, à qui tout échappe. Il ne nous fera pas croire qu'il a tout mesuré d'avance et qu'il tire encore les ficelles. Il ne nous fera pas croire qu'il est Dieu, lui cette chair prétentieuse ! Le lecteur s'en trouvera altéré, il aura incorporé à son être le texte dans une individuation en construction infinie, le texte aura agit de façon unique et non reproductible dans le lecteur. L'auteur ne doit pas se soucier de cet effet, ce n'est pas lui, c'est le livre qui en est la cause. Il n'a rien à voir dans cette histoire là. Qu'il se contente d'écrire autre chose, pour toujours formuler son accusé réception comme une lettre à l'adresse de Dieu, pour la louange de Sa gloire.

 

 

 

 

 Les auteurs n'ont aucun droit

 

Si les livres ont une existence qui se manifeste dans l'effet qu'ils produisent sur les individus c'est parce qu'ils ont pour motif et référence la Vérité. L'auteur se contente donc d'écrire une action de grâce. Nous n'allons tout de même pas reconnaître une paternité sur une chose qui se contente d'être une réponse. On ne se rend pas propriétaire d'un 'merci' ou d'un 'bravo', ce serait opérer une translation du regard de l'oeuvre vers les applaudissements. L'auteur se contente d'écrire les applaudissements. Ces derniers obtiennent une existence autonome lorsqu'ils percutent un individu. Voilà tout. Donc pas dauteur car pas d'oeuvre, mais uniquement la louange de l'oeuvre, l'accusé réception, comme c'est écrit plus haut. S'il n'y a plus d'auteur, il n'y a par conséquent plus de droit sur la chose écrite. Le droit d'auteur devient dès lors une absurdité et son commerce une obscénité. Le fil qui relie encore l'auteur à l'objet est l'intention, le dessein de l'homme, l'accusé réception, de faire savoir comment l'homme a compris le fonctionnement de l'économie du salut. Alors inutile de parler des fiches de lectures qui analysent et dissèquent l'auteur pour mieux comprendre le texte et atteindre des sommets d'érudition. Inutile d'étudier les biographies et d'en conclure des choses. Inutiles de produire des séries de raisonnements sur l'influence de tel ou tel événement sur l'écriture. Même si c'est vrai, cela ne sert à rien et renforce l'anthropophagie, cette façon de prendre du plaisir à consommer les productions humaines, sa propre culture, son reflet, cette jouissance où nous disparaissons comme un produit, cet orgueil de race (humaine.) Rangeons nos fiches de lectures, et renonçons à s'intéresser à l'auteur, à sa vie. Renonçons également à lui demander son avis sur ses propres lignes. Elles lui sont autant étrangères que pour n'importe quel lecteur. N'en étant pas propriétaire, il ne détient pas la vérité sur son texte. Son avis, même pertinent, n'a pas de légitimité sur le texte, objet créé libre. Et pourquoi pas considérer que l'auteur a forcément tort lorsqu'il parle de ses écrits ? Ce serait une hypothèse saine  qui me réjouit à l'avance. Les critiques eux-mêmes changeraient peut-être leur regard d'évaluation de la performance et commenceraient à parler de lecture. Donc si nous nous rassemblons : le texte est un objet libre, on ne peut donc en être propriétaire, il n'est pas une oeuvre puisqu'il n'est que louange, il n'y a ainsi pas d'auteur,  donc pas de droit d'auteur et enfin de toute façon, l'auteur a forcément tort.

 

L'humilité de Dantec

Maintenant que notre utopie de l'écriture est décrite, comment en tirer une façon d'être dans ce monde moderne. Comment continuer d'avoir l'ambition d'écrire la vérité et accepter la vocation libre du texte qui est d'être lu ? Car si le livre n'est pas lu, il n'existe pas, même fini, il reste à l'état d'ébauche, c'est à dire d'organe. Le monde moderne nous accule à faire preuve d'intelligence, c'est à dire à prendre les armes et à combattre. Ce combat doit se faire dans le seul et unique but de permettre l'existence du livre qui est une expression de la Vérité. Une façon de faire est d'épouser la modernité dans ce qu'elle a de plus vulgaire, dans sa mise en scène, dans son art du spectacle. Si le monde nous impose pour faire exister un livre, qu'un auteur existe de plein droit, et qu'il cause bien de lui-même et de la chose, alors il faut que l'auteur fasse lui-même partie de la chose. Il faut en créant le livre, créer l'auteur. Fondre l'intention de l'être dans une image de marque, un pseudonyme en vitrine, recto et verso identique. Il s'agit de mener un jeu avec la société de masse, c'est la stratégie de retournement des armes contre ceux qui les portent. Créer une personnalité porteuse de l'oeuvre, qui devient un organe du livre. Il s'agirait en quelque sorte que l'auteur ainsi imaginé ne soit qu'un effet loupe porté sur le livre. Le vrai auteur deviendrait ainsi esclave de l'objet créé pour le sauver, et en même temps, d'ailleurs se sauver. Et c'est comme ça que je vois l'écrivain Maurice G. Dantec, si jubilatoire dans ses interventions vidéo et audio. Il ne joue pas un rôle comme certains disent. Il n'existe pas, il n'est qu'un organe du livre, créé en plus pour son service, un appendice moderne pour garantir l'existence du livre dans le monde. Ainsi il se donne en pâture aux lecteurs, en appât. (Ce qui irait dans le sens d'une élection de Dantec ...) Ainsi le site de Dantec est construit de manière à créer du mythe, mais dans ce mythe, Dantec n'est qu'un produit. Dans une inversion significative, l'être auteur devient produit pour que l'objet prenne vie. La société moderne n'y voit que du marketing, et c'est gagné, le livre existe !

Par Maximilien FRICHE - Publié dans : friche-intellectuelle
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Mardi 12 décembre 2006

Saisir des choses alors qu'elles n'existent déjà plus.

Par Maximilien FRICHE - Publié dans : Peinture
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Samedi 18 novembre 2006

Election en France ou élection de la France ?

 La France est un territoire abandonné, comme un cadavre. La France ne se reconnaît plus, elle est maintenue en vie de façon artificielle. La tentation de devenir nostalgique de ce qui a engendré la France d'aujourd'hui est grande. La tentation de regretter la République, De Gaulle, la monarchie absolue, la révolution etc. est grande. Cette réaction n'est qu'un sous-produit de la modernité établie en France depuis longtemps. Il faut maintenant reconnaître le cadavre et bâtir autour de ce symbole moribond, il faut maintenant être sûr d'avoir été choisi et avancer en confiance comme un peuple élu. C'est une révolution qu'il nous reste à faire.

 

   Fiertés patriotiques et fausses réactions

  Il faut être fier d’être français nous dit l’historien moderne repenti. Max gallo c’est bien, mais ne vient-il pas trop tard. La France existe-t-elle encore ? Je veux dire la France en terme de territoire pour lequel nous avons à rendre grâce, la terre qui nous nourrit, cette nature docile, ce lieu des baptêmes, cet espace des Saints, des apparitions, de Sainte Marguerite-Marie, ce paysage à Son image. Les réactions d’aujourd’hui brassent pèle mêle tout ce qui a pu faire office d’objet de fierté. Les réactions d’aujourd’hui sont assez peu exigeantes et se contentent de postures historiques plutôt que de projets, projections vers le symbole de la présence de Dieu sur terre. Alors on regrette la monarchie absolue, on déplore la perte des empires, on admire de Gaulle, et on va même jusqu’à trouver des qualités à un Mitterand quand il disait qu’il ne s’excuserait jamais au nom de la France. Les réactionnaires d’aujourd’hui sont décevants. Il troque la modernité d’aujourd’hui contre une modernité d’hier ou d’avant hier (un autre combat de modernes contre modernes à l’instar de ce que décrivait Philippe Muray) mais ils ne sont jamais en complète contradiction, en totale révolution. Par pitié, ne revenons pas à l’Etat et ne revenons pas non plus à la Nation. Pitié ne confondons pas la France avec la nostalgie de nos guerres idéologiques, de nos grands hommes d’état qui envoyaient mourir nos hommes sans souci puisque Paris en une nuit pouvait refournir de la chair... Je m’appuie sur l’excellent livre de Jean de Viguerie : les deux patries. Ce dernier expose une thèse dont plus personne ne peut faire l’impasse, il montre à quel point nous ne cessons depuis longtemps de ne regretter que la patrie révolutionnaire, il explique que même l’Action Française s’était trompé de combat en versant dans le militarisme et qu’elle n’a fait que servir l’idéologie révolutionnaire. La patrie révolutionnaire est une ancienne idée de modernes que ces derniers nous poussent à regretter maintenant qu’il n’y a plus rien. Mais il faut se méfier de tous ces chevènementistes, notre patrie n’est pas la leur (celle de La Marseillaise.) Notre patrie ce n’est pas De Gaule et Napoléon, qui se servaient de l’idée de patrie pour disposer de la nation comme matière première. Il est curieux que ces gens se réveillent trop tard. Sur le cadavre de la France, ils fantasment sur ce qu’elle était à l’agonie. Les réactionnaires d’aujourd’hui sont certainement des hommes biens, qui ont eu tort, et qui, comme tous les modernes, ont eu raison d’avoir tort en leur temps, mais ce n’est pas un petit retour Chevènementiste qui en fera des amoureux du pays. Certains (surtout les présidentiables de la République) ne sont pas non plus nostalgiques de la patrie, mais le sont en fait de l’Etat, de l’autorité absolue qui se passe de Dieu, ils fantasment sur louis XIV, sur cette usurpation, ce monde de la structure et des boîtes, ce monde de la virtualité. Peu, en revanche, ne savent que la patrie est celle du territoire pour lequel nous avons quotidiennement à rendre grâce à Dieu. La vraie patrie, c’est l’avant goût de l’au de là, c’est le goût de la vie, c’est mille grâces, c’est la gloire de Dieu, "la terre des pères, le pays de la naissance et de l’éducation." Pour Jean de Viguerie la vraie patrie est La France et est faite de gratitude et de piété, la patrie révolutionnaire par contre n’est pas la France mais l’utilise, "marquée par la passion et la démesure, elle exige le sacrifice de nombreuses vies." Alors prudence aux nostalgiques. S’il faut l’être, c’est plus loin qu’il faut remonter. Je ressens simplement la patrie comme l’agrandissement fantasmé de la famille. La France est morte il y a longtemps et ce n’est pas la mort de la nation aujourd’hui ou la mort de la modernité tuée par son double engendré qui me fera donner du crédit à la posture des réactionnaires de maintenant. Les nations ne m’intéressent pas. Elles sont le fruit d’idéologies. C’est justement en faisant la distinction entre la patrie et la nation et l’état que l’on arrive à identifier ce que l’on recherche réellement.

 

 Liberté über alles

 Par habitude il faut toujours se débattre avec les concepts, préférer le continuum des choses, à la logique binaire des systèmes clos sur eux même. Par tradition, par souvenir de la vérité,  il faut à chaque fois rentrer en conflit avec les structures et ne pas accepter les raisonnements produits pour et sur nous. Pleins d'espérance, les catholiques se tendent comme un arc, rappelant la simplicité et l'unicité du chemin. Le véritable salut est sous condition de liberté. C'est tout. L'exercice que nous avons à faire est de décider d'être sauvé. C'est beaucoup plus compliqué qu'une morale, c'est un chemin. Il ne s'agit pas de se poser des questions sur « comment dois-je agir au quotidien pour produire du Bien dans ce monde ? » Le Christianisme n'est pas un humanisme comme un autre, ce n'est pas un humanisme. Ce serait trop simple de trouver des déterminismes et de mériter son paradis. La vie et le salut se situent dans la relation de chacun à Dieu, dans le mystère des intentions. Sans s'étaler sur ce point, nous pouvons donc imaginer ce que nous ne voulons pas, nous pouvons vite comprendre que ce n'est pas à coup de lois que l'on va permettre à chacun de trouver le chemin. Mon inquiétude est la suivante en ces temps d'élections sur notre territoire : Sommes-nous à la recherche de l'homme providence, créant l'Etat providence (catholique), bain dans lequel la patrie et les Français pourraient être sauvés ? Je souhaiterais apporter ici une réaction libertaire, inventer un catholique libertaire. Poser d'abord que c'est dans l'homme uniquement, dans le mystère de ses intentions comme je l'ai précédemment rappelé, que résident son salut possible, et de proche en proche de la famille, et de proche en proche de la Patrie. Dès lors, la bonne santé d'une patrie n'est que le signe manifeste de la présence en son sein de coeurs purs. Disposer d?un Etat qui aurait tout compris, au service d?une loi supérieure, secourant les pauvres, transmettant la morale, ... ne nous garantirait rien. Deux écueils sont possibles : le renvoie systématique à la responsabilité de l'Etat grand organisateur (nous connaissons bien cela) et la corruption de la morale par assimilation à l'Etat, aussi exemplaire soit-il, puisque ce n'est qu'une virtualité pratique. Alors je propose de repartir d'en bas pour être sûr de partir de l'homme et non de la chose. Supprimer les subventions aux artistes et réinventer les mécènes, supprimer les subventions sociales et réinventer les oeuvres caritatives. Pour aller jusqu'au bout, laisser mourir le pauvre pour pousser l'homme à sortir de sa tanière pour le sauver et se sauver. Renvoyer tout le monde dos à dos dans sa responsabilité de tueur, de déicide. Ne plus colmater la brèche et proposer un miroir à chacun, dans le quel chacun reconnaît le mauvais. Ne plus entendre à la télé Soeur Emmanuelle dire que l'Etat devrait absolument agir pour les pauvres et ne plus entendre à la suite les applaudissements de millions de téléspectateurs. Les applaudissements ne nous élèvent pas. Je veux qu'on dise : éteignez le poste, levez vous, sortez dans la rue avec la moitié d'un manteau à offrir, sous les sifflets des téléspectateurs. L'Etat ne sert à rien pour le salut. C'est de la bonne conscience et c'est tout.

  Supprimer les partis Immédiatement ?

 Qu'il est bon de revenir sur ce qui est considéré comme une évidence, de renouer avec une tradition d'opposition aux systèmes et de proposer notre feu. Une fois encore la revue Immédiatement trouve les bons mots pour qualifier les partis politiques. J'aime beaucoup les références aux « machines broyeuses », et à « l'allégeance totale à la structures» figurant dans l'article de Jacques de Guillebon du 23 octobre 2006 s'appuyant sur une analyse de Simone Weil. Effectivement, j'ai le sentiment que les partis imitent l'Etat, que les militants imitent les courtisans, qu'ils se situent dans le monde des structures contre le monde de la substance. Les partis sont des boites, comme l'état est une boite et chacun travaille pour sa machine, pour son camp. Et pour donner de l'illusion, du souffle, aux militants et courtisans, on introduit dans les boites l'idéologie de la démocratie. Et tant que les partis ne sont pas nuisibles à la démocratie, tout va bien. Sauf que la virtualité est ainsi consacrée ! On ne travaille que pour le pouvoir d'une structure et l'idéologie n'est qu'une caution, prétexte oeuvrant aussi pour la structure, elle est l'intermédiaire nécessaire pour obtenir l'engagement des consciences. Du moment que les partis ne sont pas nuisibles à la démocratie qui n'est pas nuisible aux partis, on peut continuer. On y revient donc : commencer par supprimer les partis ? Voilà donc le début. Voilà donc l'angle d'attaque de la réforme proposé le 11 septembre dernier dans la Nef et dans Immédiatement par un groupes de jeunes intellectuelles. Dans la pelote à dénouer de la situation de la France, tirons sur la ficelle des partis. Puisqu'il faut proposer quelque chose pour la France, parce qu'il faut essayer de la sauver et parce que je suis persuadé que les partis n'ont de place que pour les courtisans et les chasseurs de prime, je trouve que cet appel est légitime en cette période de campagne.

 

    Un chef derrière son troupeau

 

   Donc, plus partis, plus d'état, plus de nations, des hommes libres, des familles rassemblées en patrie, voici où nous en sommes dans cet article. Maintenant, il nous faut trouver notre chef. Le-Pen qui fait de la peine, Villiers l'ailier, Sarkozy le ouistiti, Bayrou le centre tout mou, Ségolène la vilaine, Chevènement le faux événement, NON ou un roi légitime ou orléaniste NON. Alors quoi ? Il faut trouver notre chef, celui qui est derrière le troupeau, celui qui accepte de se mettre au service du peuple de ce territoire, celui qui nous fera passer pour un peuple élu. Election en France ou élection de la France ? Il est vrai que j'ai souvent du mal à espérer pour la France, tellement persuadé que nous allons descendre plus bas. Toutefois, je profite d'un moment de repos, pour exprimer à mon tour un espoir. L'espoir de trouver une ou des élites qui se mettent au service de la France. Qu'elles gardent l'humilité ! Il me semble que pour rester humbles, il leur faut commencer par accepter l'humiliation, et ce tout en avançant. Sur ce chemin d'humiliation on peut trouver celle d'être élu au suffrage universel alors qu'on a le sentiment de recevoir une charge d'en haut, il y a celle d'être la cible de sondages, celle d'être appelé à s'expliquer sur un plateau de télé comme une star ou un sportif, celle d'écouter les questions au gouvernement, celle de la calomnie de l'imMonde quotidien. Il lui faudra accepter les gifles, les unes après les autres et continuer de servir avec la certitude de recevoir cette charge d'en haut, sans jamais le dire, sans jamais instrumenter Dieu, sans jamais le compromettre. Trouver dans la prière de quoi renouveler deux qualités suffisantes : le courage et l'exemplarité. A cette élite, il lui faudra faire disparaître l'Idée (certaine) de la France, puis la nation (humaniste), puis l'Etat. Il lui faudra retrouver le territoire et redonner une conscience au peuple du territoire. La conscience de tout peuple est de se sentir fils adoptif de Dieu en Christ. Notre élite devra avoir l'ambition de nous faire ressembler à un peuple élu.

Par Maximilien FRICHE - Publié dans : friche-intellectuelle
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Jeudi 2 novembre 2006

Regarde-moi comme une chose de trop. Je suis conscient d’être surnuméraire, je suis donc acculé à la vulgarité, comme la trace d’un débordement, portant l’odeur d'un mauvais goût, je suis quelqu’un qui ne sait pas tenir sa place. Mon amour, tu ne pensais pas me voir à côté de toi, d’ailleurs, tu ne pensais pas qu’il y avait suffisamment d’espace pour quelqu’un d’autre. Et voilà qu’on est deux et je respire à ta portée. Tu es un peu virtuelle contrairement à moi alors tu sais prendre distance, tu t’évades et planes en fermant les yeux. Et tu te vois avec moi et nous t’évoquons du dégoût. Je sais, tu sais. Je n’arrive néanmoins pas à disparaître. Pire, j’ai l’impression que plus je fais d’efforts, plus je déforme le monde créé pour toi. Il faudrait me voir mort mais je respire sous ton nez. Je rentre la tête dans les épaules, je me tasse, me compresse. Je sens que tu vas prendre une décision. Mon amour, je m’exécute si tu veux. Non, ce n’est pas cette option que tu as retenue. Tu mises sur l’efficacité d’une haine absolue et m’explique ta solution. Tu me recouvres de tes pêchés, une large délégation. Mon amour je t’exécute comme tu veux. J’ai trouvé ta place, j’ai tué au centre. Tu disparais avec le monde créé par toi. Je subsiste en résidu, sans réaction, massé autour du trou nouvellement formé.

Par Maximilien FRICHE - Publié dans : L'âme et sa vague
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Lundi 16 octobre 2006

 

 Dans ce texte tout ma muse 

 

La lettre comme genre de référence

 

 L’écriture doit être l’expression d’un amour, comme la manifestation du ridicule de l’amoureux. Il ne devrait pas y avoir de texte en soi ou pour soi, pour s’exprimer, pour se faire du bien. Bien dans son corps, bien dans sa tête, bien dans son texte, tout ça n’est ni un préalable, ni un but. Il n’y a d’écriture vivante que la lettre. Et c’est de ce genre que doit découler toute la littérature. Attention, je ne suis pas en train de faire un retour vers le romantisme plaisant, je veux simplement replacer un point d’attraction pour la bonne gravitation du texte, voire, sa transformation en météorite, se précipitant à sa perte, dans un baiser mortel, quand la vérité a été approchée au point d’obliger l’écrivain à ne plus écrire du tout. Ecrire c’est se choisir une reine. Ecrire, c’est se réduire à du consommable. Il ne s’agit pas de se transformer en usine. Je tiens absolument à borner de toute part le projet d’écriture, qu’il ne soit jamais récupéré par les hérésies modernes et contemporaines. Se transformer en consommable, c’est se faire offrande. Offrande jusqu’à dissolution de soi, oubli, disparition c’est à dire, le contraire du cadeau qui va jusqu’à devenir centre de production, usine à texte, camp. Tout roman devrait initialement être le projet d’une lettre. Imagine, mon cœur, ceci, pour toi. Vois comme j’accepte le ridicule pour te plaire. Une muse qui aspire l’être plus qu’elle ne l’inspire. Une muse à qui l’on en veut autant qu’on la désire. Et le sens du sacrifice nous pousse à aller à la ligne, il économise notre souffle. Il faut écrire en imaginant la lectrice qui lira, celle qui électrisera le texte. Evacuer tout de suite tout art de la flatterie, se faire offrande, n’est pas vouloir plaire à tout prix, c’est se donner entièrement, se perdre, en étant conscient de sa médiocrité, de son mauvais goût. Et, seule, la souffrance née de ce sacrifice devient digne de lecture. C’est seulement dans ce geste de funambule, à un pas du ridicule comme de la mort, que se trouve l’expression d’un don dans notre chair. Le ridicule est risqué. Quoi de plus beau qu’un enfant maladroit qui offre un collier de nouilles en sachant que ça ne vaut pas l’or que sa mère porte déjà autour du cou ? Tout offrir dans la conscience d’être mauvais goût, voilà ce qu’est le geste d’écrire.

 

 Je t’aime comme je respire

 

 Parce que nous n’avons été créés pour aucune raison et uniquement par amour, nous sommes dépositaires de ce souffle conteneur, de cette enveloppe de sentiment. Nous aimons avant d’avoir trouver quelqu’un à aimer. On dit « je t’aime » à un oreiller avant de s’endormir. Il y a cette sensation d’avoir trop d’air dans ses poumons, d’être asphyxié par trop d’oxygène, la condition de vie. La déclaration d’amour est ce moment de projection totale, hors de soi, de ce contenant, cette capacité d’aimer, c’est elle qui insuffle au cœur de l’écrivain le sens du sacrifice. La littérature est alors l’ultime possibilité de s’offrir. Non pas dans un romantisme humanitaire, mais avec l’oubli de l’auteur, sa disparition dans la chimie de l’offrande. Pour se dissoudre dans un objet électrique, à brancher à la lectrice. Il faut encore se mettre à genoux pour livrer sa récolte, voilà ce que j’ai fait de ce qu’on m’a donné. Pour accepter l’humiliation d’être lu, il n’y a que l’amour de la lectrice. N’étant pas étranger au pêché originel, je ne peux être qu’humilié d’être nu, lu. Je ne suis plus l’enfant créateur du collier de nouilles, je suis l’adulte également créateur du collier de nouilles. Par amour pour toi, j’accepte d’exister. Et mon écriture se tend vers le fantasme d’une lecture bienveillante ou amoureuse. Je pousse plus loin mes combinaisons de mots, fais feu de toute intelligence. J’essaye de n’avoir aucun reste au fond de moi après l’opération chimique, après la transformation en livre libre. Je vous dis, l’écriture n’est pas sur la réserve, elle est sacrifice.

 

Mettre l’absolu en soi

 

Cette démarche d’écriture n’est pas moderne tout en l’étant davantage. Le projet moderne semble être : s’exprimer. Cela fait partie des choses dites importantes, importantes pour être bien. Tout projet esthétique converge vers ce trou noir de l’utilitarisme. On jette dans le trou pèle mêle l’écriture, les arts plastiques, le théâtre et même les religions. On aimerait tellement définir les religions comme des humanismes dont la mission est de produire de la morale, on aimerait tellement voir les religions comme des usines. On écrit maintenant comme on se soulage, pour que cela fasse du bien (pour l’empire du bien ? Cf. Philippe Murray.) Il faut donc s’exprimer, se mettre dehors, à la vue de tous, en exhibitionniste, fier de son pêché originel. Un livre est réduit en thérapie pour l’auteur, en exemple pour les lecteurs. D’où le droit démocratique, reconnu à chacun à produire son morceau de masse, à se soulager, du moment que tout le monde s’y retrouve. L’intérêt de cette modernité, est qu’elle dessine à merveille, rend visible, le mal qu’elle entoure, autour duquel elle se masse pour chuter. Ce qu’il faut adopter, c’est un contre-projet. Ne pas s’exprimer du tout. Ne pas produire du moi à l’infini, mais s’offrir d’un coup, en un seul morceau. Pour se faire, il s’agit d’intérioriser l’absolu. Ne pas s’exprimer, mais faire rentrer l’absolu en soi ou plutôt, le reconnaître là où il est déjà. Il s’agit de s’imprégner d’une exigence extérieure et supérieure. Trouver la muse au bout de la ligne, à la page suivante. Cette muse, d’autan plus efficace qu’elle est inaccessible. Cette muse parfaite, pour laquelle vous êtes indignes. Cette muse à qui vous n’arrivez pas à en vouloir, car elle pose encore le regard sur vous. Cette muse à la fois créée et parfaite, posée très loin de vous, sans autres obstacles entre elles et vous que cette infinie distance. C’est aussi pour la Sainte Vierge que vous écrivez. C’est parce que vous savez qu’elle va vous lire, que vous acceptez ce sacrifice, ce ridicule. Ce n’est qu’un essai d’ailleurs. La Sainte Vierge vous aspire. Et vous étaler des propos, une proposition honnête faite à la louange de la création.

 

Chaos créateur

 

Le livre est donc cette lettre d’amour faite à la Vierge. Dans tous les cas, si on n’a pas encore identifié son visage, c’est encore une lettre d’amour faite à une reine. Il est intéressant de considérer l’amour comme un chaos nécessaire à la création. C’est ce qu’illustre La prière (éditions le manuscrit.) L’amour est ce chaos qui arrive encore à casser l’homme moderne, à lui ouvrir les yeux, à lui montrer sa mort en relief. Le livre gigogne parle de cet amour, chaos introduit dans l’homme pour son salut. Le livre lui-même est résultat du chaos, offrande morte née rangée en rayons. L’écriture, comme sacrifice, est un acte créateur qui se réalise, s’électrifie, lorsque la muse lit le livre. Cet acte est donc voué à l’échec, à une vie de peu d’intensité. Et le plus souvent, notre sacrifice se transforme en ridicule. Le funambule tombe, mais sa chute est stoppée par un harnais de toute sécurité sous les rires de tous les démons modernes. Le livre n’existera jamais. Sauf si on reconnaît dans la Vierge la véritable muse (renvoi vers la contrelittérature.)

Par Maximilien FRICHE - Publié dans : L'âme et sa vague
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Editions Le Manuscrit.com
20/02/2006
165 pages,

n° ISBN 2-7481-6860-7
n° EAN : 9782748168600


Hasard

Réactions

Quoi

  • : Friche intellectuelle
  • : 04/03/2006
  • friche-intellectuelle
  • : Blog de réflexions réactives lancées à la face des producteurs de raisonnements et consommateurs de culture. Une poésie de l'austérité pour la respiration.
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  • : Maximilien FRICHE
  • friche-intellectuelle
  • : Homme
  • : 08/12/1975
  • : TOURS
  • : Organe d'un livre, incorporé à de la chaire faite Verbe.

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